Les opposants à la réforme du collège descendent dans la rue samedi pour crier haut et fort leur détermination
Les opposants à la réforme du collège descendent dans la rue samedi pour crier haut et fort leur détermination © MaxPPP

L'intersyndicale contre la réforme du collège appelle à une nouvelle journée de grève ce mardi 26 janvier, la quatrième, en même temps que plusieurs syndicats de fonctionnaires. Pas sûr cependant que la mobilisation soit au rendez-vous Les deux parties campent sur leurs positions. Les opposants à la réforme du collège continuent de mobiliser. De son côté, la ministre de l’Education nationale assure que

la réforme a été adoptée et elle s’appliquera

Une nouvelle grève, pourquoi ?

Les professeurs mobilisés s'opposent à la part d'autonomie des établissements, qui est élargie par la réforme à partir de la rentrée 2016. Chaque établissement pourra décider lui-même de 20% de l’emploi du temps, soit quatre heures par semaine. Les professeurs craignent un enseignement à la carte qui ne garantira pas une cohésion nationale. La ministre, elle, a tenté de rassurer en arguant que l’autonomie ne "serait pas une forme d’autorité exclusive du chef d’établissement" , mais "une autonomie des équipes pédagogiques".Une partie non négligeable de professeurs ne veulent pas se faire imposer des heures d’interdisciplinarité, les fameux EPI pour Enseignements Pratiques Interdisciplinaires. Concrètement, les élèves vont travailler pendant deux à trois heures par semaine sur des sujets transversaux, en balayant plusieurs disciplines. Par exemple, parmi les huit thématiques figurent "Langues et culture de l’Antiquité" ou encore "développement durable". Les professeurs, attachés à leur discipline, craignent que ces EPI rognent des heures dévolues aux cours "classiques". Ils dénoncent également le manque de moyens et de temps pour préparer ces cours.

Le SGEN, l'antenne Education de la CFDT, n'a en revanche pas suivi le mouvement, mené par la CGT, SUD, FO et la FSU. Il dénonce une grève où les enseignants n'ont "rien à gagner, tout à perdre".

Une mobilisation qui marque le pas

Le premier mouvement de grève contre la réforme du collège avait eu lieu le 19 mai 2015. Elle avait été relativement bien suivie avec 27,6% des professeurs de collèges publics mobilisés selon l'Education nationale. En revanche, la deuxième grève, en juin, avait fortement marqué le pas, avec 11,9% de grévistes dans les collèges publics selon le ministère, un tiers selon les syndicats. En septembre dernier, deux semaines après la rentrée, la mobilisation avait marqué un léger sursaut (15,8% de grévistes selon le ministère). Le samedi 10 octobre, un nouveau sursaut avait eu lieu puisque le cortège parisien contre la réforme a rassemblé entre 8 000 manifestants (selon la police) et 15 à 20 000 (selon les syndicats). Depuis un an, les professeurs remontés contre la réforme ont tout de même obtenu des concessions de la part du gouvernement et pourraient donc être encouragés à continuer le mouvement.

"En un an, les lignes ont bougé". L'analyse de Sonia Bourhan

Un rendez-vous salarial déjà prévu en février

Dans le primaire, le SnuIPP premier syndicat d'enseignants, appelle aussi à la grève mais pour les salaires. Or, sur ce point aussi, les enseignants ont obtenu des concessions. Le Premier ministre avait en effet annoncé le 30 septembre sur France Inter que sera appliqué le Protocole sur les parcours professionnels, les carrières et les rémunérations. Cet accord, non signé par la majorité des syndicats mais appliqué tout de même, prévoit la revalorisation de certaines catégories de fonctionnaires et la tenue régulière de "rendez-vous salariaux", dont le premier est prévu en février 2016. Une étape importante pour cette profession, car les enseignants français sont parmi les moins bien payés d’Europe.Des manifestations sont prévues un peu partout en France. A Paris, le cortège partira à 13H30 de Port Royal et rejoindra le défilé des autres fonctionnaires au départ de Montparnasse à 14H.

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