Le symbole de Paris est fermé ce samedi pour le cinquième jour consécutif. Le personnel, en grève, dénonce un manque de transparence de la direction.

Les salariés en grève au pied de l'un des piliers de la Tour Eiffel
Les salariés en grève au pied de l'un des piliers de la Tour Eiffel © Radio France / Pauline Renoir

Pour la cinquième journée consécutive, la Tour Eiffel reste fermée ce samedi. Depuis mardi, les salariés de la SETE (Société d'exploitation de la Tour Eiffel) sont en grève, à l'appel des syndicats CGT et FO. "La poursuite de la grève a été reconduite à l'unanimité" samedi matin, selon le délégué CGT Stéphane Dieu.

Des négociations "sont en cours", et selon la direction de la SETE, les dernières discussions ont débouché sur "beaucoup d'avancées", permettant d'envisager une éventuelle réouverture du site dimanche, pour le début des vacances scolaires. "Le dialogue commence à venir (...), mais ça reste très difficile", explique Denis Vavassori, également responsable CGT.

Peinture et décapage

Mais quel est l'objet de cette grève ? Il n'y a pas de licenciements à l'horizon, et les grévistes n'ont pas de revendications salariales. Ce qu'ils dénoncent, c'est "l'infécondité du dialogue social avec la direction et l'absence délibérée de transparence sur les décisions stratégiques", selon une lettre ouverte adressée par 200 salariés.

"Depuis les derniers mois, nous sommes vraiment sortis de toute consultation des représentants du personnel, sur des travaux, sur des dossiers", explique Denis Vavassori. "On aimerait juste, et c'est vraiment notre demande, retrouver cela et pouvoir anticiper les futurs travaux qui vont impacter les conditions de travail des salariés, d'accueil des visiteurs, et peut-être l'emploi".

Concrètement, il y a parmi ces "décisions stratégiques" qui inquiètent les salariés, une campagne de peinture de la Tour dont les syndicats affirment ne pas avoir été informés. Il s'agirait d'un décapage réalisé pour faire suite à une précédente opération de peinture mal réalisée, et qui peut présenter des "risques sanitaires" pour les salariés. "Le mouvement est en état de dégradation très visible", explique également Denis Vavassori.

"Revendications illisibles"

Outre ces projets de travaux, les syndicats se disent également méfiants vis-à-vis de nouvelles embauches de cadres par la SETE, alors même que les embauches de personnel sont "gelées".

En début de grève, la directrice générale de la SETE, Anne Yannic, avait affirmé avoir "reçu une plateforme de 51 revendications, illisible et incompréhensible, sur des sujets de toutes natures dont certains déjà traités". Plusieurs réunions de négociations ont eu lieu toute la semaine, la direction rappelant régulièrement par des communiqués qu'elle avait l'habitude de faire une réunion par semaine environ avec les représentants des salariés, pour répondre à l'accusation de manque de dialogue social.

Les syndicats ont lancé la grève volontairement en période creuse, où la Tour accueille "seulement" une moyenne de 6.000 personnes par jour. Mais à partir de ce samedi, avec les vacances scolaires de Noël, la tour accueille entre 20.000 et 25.000 visiteurs chaque jour. Samedi matin, les touristes qui souhaitaient visiter le monument symbolique de Paris ont dû rebrousser chemin... ou se contenter de contempler la Dame de Fer depuis son parvis.

A ECOUTER : le reportage de Pauline Renoir au pied de la Tour Eiffel

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.