Les syndicats de cheminots entament ce mercredi la deuxième journée du mouvement de grève censé durer jusqu'à fin juin. En théorie, le trafic reprendra normalement jeudi pour trois jours. En théorie seulement, car la reprise risque d'être elle aussi perturbée.

La reprise du trafic peut prendre plusieurs heures, notamment pour des raisons de sécurité
La reprise du trafic peut prendre plusieurs heures, notamment pour des raisons de sécurité © AFP / Photo12 / Gilles Targat

Si l'on se fie au calendrier décidé par les syndicats pour le mouvement de grève des cheminots commencé mardi, basé sur un rythme de deux jours d'interruption de travail tous les cinq jours, le trafic des trains reprendra normalement jeudi, avant d'être à nouveau interrompu dimanche.  

Mais ça, c'est en théorie : la journée de jeudi risque encore d'être passablement perturbée sur les voies ferrées. Et il en sera certainement de même à chaque jour de reprise. D'abord parce que chaque mouvement se termine le lendemain, à 8h le matin. Et ensuite, parce que deux jours de grève, surtout lorsqu'ils sont largement suivis comme c'est le cas actuellement, perturbent considérablement la logistique de la SNCF.  

Une cellule dédiée à la reprise du trafic est mise en place à la SNCF
Une cellule dédiée à la reprise du trafic est mise en place à la SNCF © Radio France / Manuel Ruffez

Des ajustements qui peuvent prendre plusieurs heures 

En effet, pour faire rouler 15 000 trains par jour, la mécanique est assez bien huilée : les conducteurs, contrôleurs, et leurs trains, sont au bon endroit au bon moment, avant le départ. Or une grève peut tout désorganiser. Une rame normalement au départ de Paris peut rester immobilisée à Lyon. "A la fin d'une grève, il faut retrouver une concordance entre l'endroit où se trouvent les rames et ceux où se trouvent les conducteurs : il faut quelques heures a minima pour recaler l'ensemble des roulements de service", explique Gilles Dansart, spécialiste des transports.  

Dans une infographie disponible sur Internet, la SNCF explique aussi qu'un arrêt prolongé peut poser des problèmes de sécurité : des locomotives peuvent passer en révision, des trains-balais doivent ouvrir la voie à vitesse réduite, et des vérifications sur les voies peuvent être exigées. Autant d'opérations qui peuvent prendre du temps.  

La situation logistique a également surpris les usagers mardi au premier jour de la grève : des trains, et notamment des TGV, ont bel et bien circulé... à moitié vides, car ils n'avaient pas été annoncés avant leur départ. La SNCF n'a pour l'heure pas donné d'explication officielle à ces dysfonctionnements. "Ce n'est pas aux grévistes d'organiser le service, c'est à la direction de le faire avec les salariés non-grévistes ; ce n'est pas une volonté d'empirer la situation, il y a sans doute un peu d'incompétence", a déclaré Eric Meyer, du syndicat Sud-Rail. 

Les prévisions de trafic pour ce mercredi
Les prévisions de trafic pour ce mercredi © Visactu
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