La compagnie américaine de VTC fait face à une grève de ses chauffeurs à Paris. Une réunion de concertation est prévue lundi au ministère des Transports.

L'opération escargot des chauffeurs VTC, jeudi à la porte Maillot
L'opération escargot des chauffeurs VTC, jeudi à la porte Maillot © AFP / Lionel Bonaventure

La situation reste très tendue, ce dimanche, entre les chauffeurs de VTC et leurs plateformes de réservation, et en premier lieu Uber. Depuis jeudi, trois organisations syndicales de chauffeurs, Unsa-VTC, Capa-VTC et Actif-VTC ont lancé une mobilisation contre ces plateformes, utilisées pour appeler l'un de ces véhicules de tourisme avec chauffeur.

En cause : la politique tarifaire qu'elles pratiquent, jugée défavorable aux chauffeurs et dont les syndicats dénoncent le fait qu'elle a été définie sans concertation. Le 8 décembre dernier, Uber a annoncé une hausse de ses tarifs... mais la société a aussi annoncé à ses chauffeurs une hausse de la commission prélevée sur chaque course. En revanche, lorsqu'en octobre 2015 elle avait annoncé une baisse des prix de près de 20% sur la capitale, la part prélevée par Uber n'avait pas suivi cette baisse.

"Nous voulons obtenir un statut, salarié ou patron. L'uberisation, c'est la précarisation totale" (Sayah Baaroun, Unsa-VTC)

Réunion de conciliation lundi matin

Samedi, une centaine de véhicules ont mené une opération escargot entre la Porte Maillot et l'aéroport d'Orly où ils ont mis en place pendant plusieurs heures un barrage filtrant, empêchant leurs collègues non-grévistes d'accéder aux terminaux. Une situation qui a poussé le gouvernement samedi soir à exiger qu'Uber rencontre les chauffeurs : cette réunion aura lieu lundi à 10h au ministère des Transports.

"Ca fait deux ans que nous essayons de dialoguer de manière très pacifique, nous envoyions des mails, nous passions des coups de fil, mais ils ne nous ont jamais pris au sérieux. Il suffit qu'il y ait des blocages dans la rue pour que, suite à la pression de l'Etat, Uber daigne nous recevoir. Seule cette table ronde calmera les ardeurs de tout le monde", explique Hamli Mamlouk, du syndicat Capa-VTC.

Uber dénonce des violences

Quand on interroge la direction d'Uber, elle souhaite surtout souligner les débordements en marge de la mobilisation de ces derniers jours. Mobilisation qui serait le fait de 200 énervés qui ne représentent pas les 20.000 chauffeurs VTC qui travaillent en France, d'après le porte-parole de l'entreprise américaine, Grégoire Kopp : "Uber discute avec tout le monde, mais jamais sous la menace de violences (...). Dans ces conditions, oui, le dialogue n'est pas vraiment possible".

Les violences se limitent parfois à des jets d'oeufs ou de farine sur les véhicules des chauffeurs non grévistes, mais certains ont eu leurs essuie-glaces arrachés. Et à la suite d'altercations plus brutales, au moins six chauffeurs ont été arrêtés. Plusieurs clients ont également affirmé avoir été débarqués de leur course et pris à partie par des chauffeurs grévistes.

Mécontentements sur les réseaux sociaux

Ce dimanche matin, de nouveaux véhicules étaient rassemblés près des aéroports parisiens mais les grévistes n'ont pas empêché l'accès aux terminaux : "De 5h à 6h on a mis en place un barrage filtrant, mais là on change de stratégie, on laisse les gens partir en vacances maintenant", a indiqué David, chauffeur gréviste.

Sur les réseaux sociaux, les utilisateurs d'Uber sont partagés entre le soutien aux chauffeurs et de nombreuses marques de mécontentement. Ces trois derniers jours, de nombreux utilisateurs ont pointé des prix extrêmement élevés pour leurs trajets, ou des courses jamais effectuées mais partiellement décomptées.

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