Le Premier ministre Bernard Cazeneuve a rassemblé une bonne partie du gouvernement sur la situation en Guyane mais juge "irréaliste" un plan d'aide de 2,5 milliards.

Manifestation du Mouvement des 500 frères à Cayenne en soutien à la grève générale en Guyane
Manifestation du Mouvement des 500 frères à Cayenne en soutien à la grève générale en Guyane © AFP / Jody Amiet

La mobilisation en Guyane se durcit après l'échec des négociations pour trouver une issue au mouvement social qui bloque depuis deux semaines le département d'outre-mer. Le collectif avait exigé 2,5 milliards d'euros "tout de suite" pour le développement du territoire, refusant le plan d'urgence de plus d'un milliard d'euros du gouvernement. Bernard Cazeneuve a jugé cette demande "irréaliste".

Le Premier Ministre a appelé à "renouer les fils du dialogue" après l'échec des négociations.

"Il serait (...) aisé de céder à la facilité et de promettre des mesures et des aides financières d’un montant irréaliste puis d’en laisser la charge et la responsabilité à un autre gouvernement. Ce n’est pas la conception que nous avons de la responsabilité dans la République", a-t-il déclaré à Matignon, à l'issue de la réunion rassemblant 12 membres du gouvernement.

Le gouvernement avait proposé ces derniers jours un plan d'urgence de 1,085 milliard d'euros, quand les leaders du mouvement demandent plus du double.

À Cayenne, le collectif "Pou La Gwiyann dékolé" (Pour que la Guyane décolle), qui regroupe l'ensemble des mouvements protestataires, avait annoncé un durcissement de la mobilisation. Il avait notamment demandé aux magasins de rester fermés lundi dans le cadre d'une "opération ville-morte".

Situation de blocage

Ericka Bareigts, ministre de des Outre-Mer, peu avant de quitter la Guyane dimanche soir, avait auparavant exhorté les Guyanais à "graver dans le marbre le travail" engrangé "ensemble" après la présentation d'un document en cinq points.

Ce plan "répond aux préoccupations prioritaires exprimées par les différentes parties prenantes regroupées en collectifs, notamment en ce qui concerne l’éducation, la sécurité, la santé ou la commande publique", selon un communiqué de la ministre.

Des accords sectoriels ont également été conclus notamment sur "l'économie", "l’agriculture", "le BTP", "les activités minières" ou encore "les communautés amérindiennes et bushinengue", selon la ministre des Outre-mer.

"C'est pas mal, mais ce n'est pas encore assez",a commenté Mickaël Mansé, l'un des porte-paroles des "500 frères".

Une manifestation massive avait été annoncée mardi à 9H00 (14H00 à Paris) à Kourou, près du site de lancement des fusées Ariane. Air France a annulé son vol direct de lundi de Paris pour la Guyane.

"Pour La Gwiyann dékolé", qui regroupe les mouvements protestataires, avait aussi demandé samedi "un statut particulier pour la Guyane". Davy Rimane, un membre de la délégation, avait affiché la volonté de se débarrasser d'un lien "trop centralisé et vertical avec Paris", qui empêche la Guyane "d'avancer". En 2010, un référendum sur l'autonomie de la Guyane avait débouché sur une large victoire du "non".

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