Le collectif "les 500 frères contre la délinquance", très impliqué dans le mouvement social qui paralyse toute la Guyane, inquiète autant qu'il fascine.

Le collectif s'est créé pour protester contre les violences et l'insécurité en Guyane
Le collectif s'est créé pour protester contre les violences et l'insécurité en Guyane © AFP / Jody Amiet

Cagoulés, vêtus de noir, les "500 frères contre la délinquance" peuvent ressembler à une milice. Mais au contraire, le collectif s'est créé pour protester contre les violences et l'insécurité en Guyane.

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Très présents et impliqués dans le mouvement social en cours en Guyane depuis deux semaines, les "500 frères" ont fait fermer lundi tous les magasins de Cayenne, où une "opération ville morte a été décrétée".

Mickaël Mancée, l'un des meneurs des "500 frères"
Mickaël Mancée, l'un des meneurs des "500 frères" © AFP / Jody Amiet

À la tête du mouvement, ils sont rares à s'exprimer à visage découvert. Parmi eux, le porte-parole du mouvement, Olivier Goudet, très présent ce mardi lors de l'occupation du Centre spatial de Kourou, mais surtout Mickaël Mancée, un officier de police de 33 ans actuellement en disponibilité.

Le Monde raconte comment "Mika" est devenu un véritable "héros populaire" le 17 mars dernier, après avoir interpellé la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, en faisant irruption par surprise lors d'une conférence sur l'environnement organisée à Cayenne.

Ils n'ont pas le choix, sinon les 500 frères vont venir tout casser

La cagoule noire portée par les 500 frères a autant servi à populariser le mouvement qu'elle l'a desservi au départ. Le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl, par exemple, avait prévenu avant de de rendre sur place : "On ne dialogue pas en cagoule. On dialogue le visage découvert".

Beaucoup travaillent dans les métiers de la sécurité, mais ils refusent l'appellation de milice. Le groupe reste pourtant vu comme menaçant. "Ils n'ont pas le choix, sinon les '500 frères' vont venir tout casser", a commenté Ricardo, un travailleur clandestin péruvien qui assistait à la fermeture d'un magasin de Cayenne, tandis que le propriétaire des lieux n'a pas souhaité faire de commentaire.

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"Je suis solidaire du mouvement, mais le fait que la population soit pris en otage, je ne suis pas d'accord", a réagi Joël, 47 ans, ajoutant toutefois que la mesure était "justifiée" et que les 500 frères "non violents" avaient joué un rôle "très positif" depuis le début du mouvement.

Le collectif "Pou La Gwiyann dékolé" (Pour que la Guyane décolle), qui regroupe l'ensemble des mouvements protestataires du département d'outre-mer, avait demandé dimanche soir aux magasins de rester fermés en soutien à la population. Mais tout en laissant la possibilité aux propriétaires de ne pas le faire, selon la communicante du collectif Florence Adjodha.

Le mouvement en Guyane, vaste territoire d'Amérique du Sud (83.000 km2) situé à 7.000 km de Paris, est basé sur des revendications sécuritaires, économiques et sociales, ainsi que sur la méfiance face à l'État, accusé de sous-investissement depuis des décennies.

Les chiffres clés de la Guyane
Les chiffres clés de la Guyane © Visactu
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