Ce mardi, Instagram dévoile une opération de sensibilisation contre le harcèlement, nommée #LePoidsDesMots, soutenue par Brigitte Macron. Elle prend la forme d'une campagne en ligne mais aussi d'une série d'ateliers dans 300 écoles.

Adam Mosseri, le PDG d'Instagram
Adam Mosseri, le PDG d'Instagram © AFP / Matt Winkelmeyer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

"Instagram ne marcherait pas si les créateurs ne se sentaient pas en sécurité" : pour le patron d'Instagram, Adam Mosseri, "la lutte contre le harcèlement est une priorité absolue". Alors que, la semaine dernière, le hashtag #anti2010 a déferlé sur les réseaux sociaux, causant le harcèlement de ceux et celles qui entraient en 6e, le réseau social a annoncé lundi une campagne de sensibilisation qui commence ce mardi, nommée "#LePoidsDesMots".

"Nous voulons rencontrer les enfants là où ils sont", explique le PDG du réseau social : Instagram s'est donc adossé à des associations qui travaillent en milieu scolaire pour proposer une série d'ateliers de sensibilisation. Dès ce mois de septembre, et jusqu'à juin prochain, 300 collèges vont recevoir la visite d'un "tour de France" co-organisé par Instagram et Génération Numérique ou e-Enfance, des associations rodées aux ateliers de prévention.

Au total, ce sont environ 70 000 jeunes de 11 à 15 ans qui vont être formés, dans 1 800 ateliers organisés toute l'année. Et 200 autres ateliers seront organisés, mais à destination des parents d'élèves. "On va y parler de harcèlement au sens large. Et quand on parlera de cyber-harcèlement, on ne parlera pas que d'Instagram. Nous montrerons les outils disponibles pour s'en prémunir sur tous les réseaux sociaux", précise Cyril di Palma, délégué général de l'association Génération Numérique.

"Un mot, c'est une arme", pour Brigitte Macron

"Le nom de cette campagne, "Le poids des mots" est très bien choisi : un mot, c'est une arme", souligne Brigitte Macron. La Première dame de France participait au lancement de l'opération, après avoir porté la question du harcèlement des enfants devant le G7 puis l'Unesco. Contactée par le patron d'Instagram, elle a accepté d'apporter son soutien à l'opération. "J'en ai parlé avec Jean-Michel Blanquer, très intéressé par l'idée d'un guide pédagogique", dit-elle. 

Mais si elle salue l'initiative, elle note aussi que la prochaine étape, c'est aussi la sensibilisation des parents, "qui sont souvent largués, y compris les jeunes parents". "Mes petits-enfants sont plus forts que leurs parents sur les réseaux, et ils ne disent pas toujours la vérité sur ce qu'il s'y passe, car c'est leur monde", raconte-t-elle, en soulignant que les pouvoirs publics et les plateformes ont besoin de travailler ensemble.

Besoin de "role models"

En parallèle de sa campagne dans les écoles, Instagram lance également une opération en ligne avec 12 créateurs et créatrices de contenu, qui, à travers des publications sur le réseau, raconteront leur expérience. "Les adolescents ont besoin de ces "role models", et nous, on a besoin de ces créateurs pour parler le même langage que les adolescents", dit Adam Mosseri.

Alors que le réseau social a été accusé la semaine dernière, après la révélation de documents dans la presse américaine expliquant qu'Instagram était conscient d'avoir une influence néfaste sur l'estime de soi des adolescents, le PDG du réseau social explique que "c'est le même phénomène qui est à l'œuvre quand on regarde des magazines, une "negative social comparison"", c'est-à-dire qu'on se compare pour finalement se dévaluer. "Nous cherchons toutes les possibilités de lutter contre cela, mais nous nous sommes rendus compte que c'est bien plus compliqué que ce qu'on pensait", avoue-t-il, expliquant que cela fait deux ans qu'Instagram mène des recherches pour améliorer cet aspect.