60 000 postes créés dans l’Éducation Nationale en cinq ans. Mais des démissions aussi : elles triplent chez les enseignants en quatre ans, selon un rapport parlementaire.

Pour l'année scolaire 2015-2016, plus de 400 enseignants stagiaires du premier degré ont démissionné soit 3,18%
Pour l'année scolaire 2015-2016, plus de 400 enseignants stagiaires du premier degré ont démissionné soit 3,18% © Maxppp / Alexandre MARCHI

Dans un rapport parlementaire de la fin du mois de novembre 2016, on apprend que le nombre de démissions des enseignants est en hausse depuis 2012, alors que parallèlement le recrutement bondit.

"Une progression inquiétante" selon les parlementaires

Ainsi, selon les chiffres de l’Éducation Nationale, lors de l’année scolaire 2012-2013, 6 000 enseignants du premier degré sont recrutés. Cette même année, 65 stagiaires démissionnent, soit un taux de 1,08%. Cela peut paraître dérisoire, mais les auteurs du rapport parlent tout de même de « progression inquiétante » car cela ne fait que s’aggraver au fil des ans.

Les deux années suivantes, le recrutement d’enseignants bondit : 8 000 pour le premier degré en 2013-2014, 16 000 en 2014-2015. Mais les démissions elles aussi progressent : 1,21 % puis 1,82 % chez les stagiaires du premier degré.

Les stagiaires du premier degré particulièrement touchés

Et cette hausse se confirme en 2015-2016. Les démissions continuent à s’accentuer : plus de 400 stagiaires du premier degré quittent leur poste soit 3,18%. Et le second degré aussi connaît une hausse : cette même année 2015-2016, 371 stagiaires démissionnaires soit 2,48%. Les titulaires ne sont pas épargnés : 539 démissions dans le premier degré et 641 dans le second degré. En parallèle, le ministère annonce près de 25 000 nouveaux professeurs recrutés en 2016, soit une hausse de 1 189 admis par rapport à l'année précédente.

Déçus par le métier ?

Alors comment expliquer cette hausse ? Le ministère est en train d'analyser les chiffres mais estime qu’il n'y a rien d'alarmant. De leur côté, les syndicats parlent d'une année de formation éprouvante où les stagiaires doivent à la fois suivre leurs cours, enseigner à mi-temps et mener un travail de recherche à l'Université.

Autre hypothèse : le plan de recrutement de 60 000 postes dans l’Éducation Nationale a peut-être agi comme un effet d'aubaine pour des personnes qui cherchaient un emploi et qui ont finalement été déçues par la réalité du métier.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.