C'est la première fois que le commissaire s'exprimer dans les médias
C'est la première fois que le commissaire s'exprimer dans les médias © MaxPPP

Commissaire au sein de la brigade anti-criminalité parisienne, il est le premier à être entré dans le Bataclan le soir des attentats. Avec son équipier ils ont tué l'un des terroristes. Sous anonymat pour des raisons de sécurité, il s’exprime au micro d’Olivier Boy.

C'est un témoignage exceptionnel recueilli par notre confrère Olivier Boy, journaliste à France Info. Commissaire au sein de la BAC parisienne, il est le premier à être entré dans le Bataclan le soir des attentats. Avec son équipier ils ont tué l'un des terroristes. Il revient sur cette soirée dramatique, sous anonymat pour des raisons de sécurité.

Quand nous rentrons, explique-t-il, il n’y a plus un bruit. Plus personne ne bouge, nous pensons que tout le monde est mort. C’est un moment d’effroi

Quand il arrive ce soir là devant le Bataclan, il y a déjà des victimes à l'extérieur, il voit la panique de ceux qui sortent. Il sait qu'il y a eu des fusillades, mais lui n'a que son arme de service, un gilet pare-balle léger et, à l'intérieur, ne sait pas combien sont les terroristes, il décide malgré tout de rentrer avec son équipier. "Quand nous rentrons, explique-t-il, il n’y a plus un bruit. Plus personne ne bouge, nous pensons que tout le monde est mort. C’est un moment d’effroi."

> Ecoutez le témoignage du commissaire recueilli par Olivier Boy :

Ils sont donc là tous les deux, cote à cote, et progressent doucement. Là, ils verront le terroriste qui marche sur la scène à une vingtaine de mètres, alors en train de braquer un des spectateurs : "Il a l’air très calme, il donne des ordres sans avoir l’air d’être stressé. Vu le carnage, nous n’avons aucun doute sur ce que nous devons faire : nous tirons jusqu’à ce qu’il tombe au sol. Dans la foulée, une explosion survient."

Nous étions persuadés que nous allions mourir. J’ai donc appelé ma femme. Je lui ai laissé un message pour lui dire adieu. On savait qu’on ne reculerait pas, on ne pouvait pas laisser tous ces gens

Dans la foulée, les deux hommes se font tirer dessus. Ils réussissent à se mettre à l’abri et, glaçant, appellent leur femme. L'homme se souvient : " Nous étions persuadés que nous allions mourir. J’ai donc appelé ma femme. Je lui ai laissé un message pour lui dire adieu. On savait qu’on ne reculerait pas, on ne pouvait pas laisser tous ces gens..." Miraculés du Bataclan, les deux hommes refusent le mot de « héros ». Tout au plus, estiment-ils, ont-ils réussi leur travail.

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