Des clandestins arrivent sur l'île d'Anjouan depuis les côtes africaines en octobre 2013.
Des clandestins arrivent sur l'île d'Anjouan depuis les côtes africaines en octobre 2013. © MaxPPP / Jean Ren Auge/Wostok Press

Après l'île de la Réunion, la tournée de trois jours du président français dans l’Océan Indien passe par Mayotte ce vendredi. L’occasion pour François Hollande de se pencher sur l’immigration qui transite par ce département français.

En kwassa-kwassa, des barques de pêcheurs rudimentaires, le passage de l’île d’Anjouan à Mayotte, un trajet de 70 kilomètres, coûte entre 200 et 1.500 euros. Il y a parfois jusqu'à 40 personnes sur une embarcation. Une folie, d'autant que les conditions météo de la traversée virent souvent au cauchemar.

Hilma a vécu l'enfer d'une traversée.

Il y avait l’orage. La barque s’est retournée. Personne n’est mort. Mais j’ai eu tellement peur que j’ai cru que j’allais mourir. On était au milieu de nulle part. On a nagé pour retourner à la barque. C’est là que la gendarmerie nous a rattrapés. On nous a renvoyé à Anjouan.

Retour à la case départ donc pour Hilma, comme pour près de 16.000 migrants des Comores et d’Afrique des grands Lacs, cette année. Comme à Lampedusa, en Italie, il y des drames humains, dans l'idyllique lagon mahorais.

Ibrahim Aboubacar, l'un des deux députés mahorais le précise : pas des milliers. Et surtout, il en renvoie la responsabilité aux dirigeants comoriens :

Tout le monde sait où ces bateaux partent, là-bas, avec des enfants, des femmes enceintes, pour venir ici.

Ces derniers mois, les autorités comoriennes ont intercepté des bateaux au départ d’Anjouan. La visite du Président de la République permettra peut être quand même d'améliorer les relations avec les dirigeants comoriens, et du même coup, la coopération pour lutter contre l’immigration clandestine.

Un département français ?

Ce samedi, François Hollande participera au sommet des chefs d'Etat de la COI, la Commission de l'Océan Indien. Cette instance envisage de se transformer en "Communauté de l'Océan Indien" pour intégrer Mayotte et passer outre l'opposition des Comores, qui ne reconnaissent pas la souveraineté française sur ce territoire.

Mayotte est devenue département français, le 101e, il y a un peu plus de 3 ans. Mais l'île est toujours considérée par l'union des Comores, comme par l'ONU, comme la 4e île de l'archipel, et pas comme un territoire français.

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