[scald=107231:sdl_editor_representation]AURILLAC, Cantal (Reuters) - S'il avait été aux commandes du pays, François Hollande aurait réagi en président de la même manière que Nicolas Sarkozy après les drames de Toulouse et Montauban, estimait-on jeudi en marge du meeting du candidat socialiste à Aurillac, dans le Cantal.

Parmi les 2.000 personnes venues écouter l'élu de la Corrèze voisine, les avis divergeaient quant aux conséquences pour le candidat socialiste de la séquence qui s'est achevée par la mort du meurtrier présumé de sept personnes.

"Nicolas Sarkozy a fait du bon boulot de président, mais Hollande aurait fait la même chose", estimait une dame à son arrivée au Prisme, la salle de spectacle du chef-lieu du Cantal, où François Hollande tenait le meeting marquant la reprise de sa campagne après trois jours de deuil national.

"Ce n'est pas une parenthèse facile pour lui mais qu'est-ce que vous vouliez qu'il fasse d'autre ?", se demandait un spectateur au terme d'un épisode où le candidat PS a soigné sa stature présidentielle en se rendant à Toulouse et en participant aux cérémonies en hommage aux victimes.

Nicolas Sarkozy a-t-il marqué des points cette semaine ? "Après ces événements dramatiques, il a eu une réaction normale pour un président de la République, il ne pouvait pas faire moins", commente une habitante d'Aurillac. "François Hollande ne pouvait pas intervenir de la même manière dans sa situation."

Un militant auvergnat regrette que "le sujet du communautarisme revienne dans le débat". "La droite fera tout pour masquer son bilan et les mesurettes qu'elle propose", croit-il savoir.

Un autre "espère toujours la victoire", estimant que les drames de ces derniers jours, "ce sera oublié" d'ici le 22 avril, date du premier tour.

Que Nicolas Sarkozy soit meilleur que son concurrent en matière de sécurité, "ça reste à prouver", commentent deux voisins de Cassaniouze et Lafeuillade-en-Vezie.

Bien qu'habitant à la campagne, "le sujet nous intéresse car à Toulouse on a vu que ça touchait des enfants", dit l'un, qui espère une victoire de François Hollande, "un homme terre-à-terre, une sorte de Chirac de gauche".

Une habitante de Vic-sur-Cère dont les enfants habitent à Toulouse, près du quartier attaqué, ne veut pas parler de l'affaire Mohamed Merah tant elle a été inquiète.

"Moi je viens chercher la parole à sa source car on est dans une époque où il y a beaucoup d'analyse mais assez peu de points précis, de propositions", dit-elle à propos de sa présence à Aurillac.

"Nicolas Sarkozy a fait beaucoup d'erreurs, il a déçu beaucoup de gens, il est trop loin de leurs préoccupations", estime-t-elle.

Elle raconte le jour où sa mère, qui habite en Aveyron, a attendu en vain un président pressé ayant écourté son voyage pour aller visiter une exploitation voisine. "Les gens l'ont attendu pour rien. C'était de la simple courtoisie", dit-elle. "Je pense que François Hollande n'aurait pas commis cette erreur."

Elizabeth Pineau, édité par Jean-Baptiste Vey

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