[scald=81057:sdl_editor_representation]JARNAC, Charente (Reuters) - François Hollande rencontre cette semaine les principaux dirigeants syndicaux français pour un premier contact présenté comme un prélude au dialogue qu'il dit vouloir introduire dans la Constitution.

Ces rencontres, organisées d'assez longue date, ne constituent pas un "contre-sommet" à celui qui réunira les partenaires sociaux le 18 janvier à l'Elysée pour préparer des mesures anti-chômage, a toutefois assuré dimanche le candidat socialiste à l'élection présidentielle.

"Je ne fais pas un contre-sommet, je fais la concertation que je pense nécessaire. Je n'ai pas de décision à prendre encore. Je souhaite que les organisations syndicales soient pleinement indépendantes", a-t-il déclaré lors d'une rencontre informelle avec des journalistes à Jarnac, en Charente.

"Sur le plus long terme, je constitutionnaliserai le dialogue social", a-t-il précisé.

Selon l'agenda fourni par son équipe de campagne, le candidat rencontrera lundi, chacun à leur tour, les responsables de la CFTC, de l'Unsa, de Sud, de Force ouvrière et de la CFE-CGC. Ce sera jeudi au tour des dirigeants de la CGT et de la CFDT.

Industrialisation, emploi et retraites seront en haut de l'agenda pour ces conversations, qui auront lieu en présence de Claude Bartolone, chargé des Relations extérieures de l'équipe de campagne du candidat, Marisol Touraine (Affaires sociales) et Alain Vidalies (Emploi).

Les questions d'éducation feront l'objet de discussions distinctes.

La réunion sera l'occasion d'exposer des idées du programme que le candidat compte présenter d'ici la fin du mois tels que les "emplois d'avenir" et le "contrat de génération", qui consiste à aider une entreprise qui embauche un jeune tout en conservant un senior.

RETOUR TRES LIMITÉ À LA RETRAITE À 60 ANS

La question des retraites devrait aussi faire l'objet de négociations dans les quelques mois qui suivraient un éventuel retour au pouvoir de la gauche en mai 2012.

François Hollande a d'ores et déjà indiqué qu'il proposerait un retour au droit à l'âge légal de départ à la retraite de 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et ayant suffisamment cotisé depuis pour prétendre à une retraite à taux plein.

Ce point de son programme est en retrait par rapport à celui du PS, qui préconisait un retour général à cet âge légal même au prix de "décote" (baisse) des pensions en cas de cotisations insuffisantes, et aux voeux des syndicats qui espéraient un retour général à l'âge légale de 60 ans pour la retraite porté à 62 ans par l'actuel gouvernement.

"Ce n'est pas un malentendu, c'est ma position. Ce n'est pas ouvert à la négociation, c'est un acte qui doit être posé", a dit François Hollande.

La décision sur les cas particuliers qu'il défend pourrait "être prise par décret" et ne nécessiterait donc pas une loi et un débat parlementaire.

Le candidat a promis "une conférence sociale dès les premières semaines du mandat pour dire ce qui relève de la loi et de la négociation".

"ll faudra établir un calendrier de réforme et un agenda sur le mandat, a-t-il souligné. Selon Claude Bartolone, "sur le fond et sur la forme, les uns et les autres attendent beaucoup des rencontres", de cette semaine.

"François Hollande pourra évoquer la façon dont il envisage de dialoguer avec les organisations syndicales, qui ont l'impression avec Nicolas Sarkozy d'être convoquées alors que les choses sont déjà décidées, comme aujourd'hui avec la TVA sociale ou hier les retraites", a-t-il expliqué à Reuters.

Elizabeth Pineau, édité par Jean-Loup Fiévet

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