Selon le baromètre santé Odoxa pour France Inter, trois Français sur quatre croient aux bienfaits de l'homéopathie pour la santé, et plus de la moitié y a recours pour se soigner. Les médecins, qui doutent largement de ces effets positifs, sous-estiment le nombre de leurs patients qui y font appel.

Plus de la moitié des sondés disent avoir recours à l'homéopathie pour se soigner
Plus de la moitié des sondés disent avoir recours à l'homéopathie pour se soigner © AFP / Philippe Huguen

Les Français, y compris les professionnels de santé et les médecins, y croient : pour une majorité d'entre eux, les médecines alternatives et complémentaires (MAC) ont des bienfaits pour la santé. Et toutes ces pratiques de soins non conventionnelles (hypnose, ostéopathie, acupuncture ou phytothérapie) recueillent leur approbation, selon le baromètre santé Odoxa pour France Inter.

Toutes, sauf une ! Si 72% des Français estiment que l'homéopathie a des bienfaits pour la santé, seuls 49% des professionnels de santé le pensent, et à peine un médecin sur trois (33%).

Mais s'ils sont près de trois sur quatre à croire en ses bienfaits, les Français ne sont qu'un peu plus de la moitié (52%) à y avoir recours pour se soigner. Un taux largement sous-estimé par les médecins : ils pensent, en moyenne, que 27% des Français y font appel.

Une majorité continuerait à l'utiliser même en cas de déremboursement

Avec 52% de Français qui disent y avoir recours pour se soigner, l'homéopathie reste, par ailleurs, la médecine alternative la plus utilisée par les Français, puisque seuls 35% d'entre eux disent faire appel aux autres. En revanche, seule une minorité des personnes interrogées, 44%, dit avoir une idée précise de la façon dont est "fabriquée" l’homéopathie.

Un chiffre qui renforce la théorie des médecins selon laquelle cette pratique de soin non conventionnelle n'est qu'un placebo. "Il n'y a aucune étude scientifique publiée, sérieuse, qui démontre une quelconque efficacité de l'homéopathie", explique le professeur Alain Fischer, immunologue. "Si maintenant des personnes souhaitent malgré tout, à partir du moment où ces substances ne sont à priori pas toxiques, les utiliser (si tant est qu'il y ait une substance, car c'est essentiellement de l'eau) c'est leur droit". Un avis partagé par les sondés qui utilisent l'homéopathie : 63% d'entre eux continueraient d'y avoir recours, même en cas de déremboursement. 

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