C'était le 26 juillet 2016, dans l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray : le père Jacques Hamel était égorgé par deux terroristes se réclamant de l'organisation État islamique. Ce jeudi, Jacqueline Gourault, ministre auprès de Gérard Collomb, s'y rend pour commémorer l'assassinat du prêtre.

À 86 ans, le père Jacques Hamel faisait partie, avec le conseil régional du culte musulman, d'un comité interconfessionnel créé à la suite des attentats de janvier 2015.
À 86 ans, le père Jacques Hamel faisait partie, avec le conseil régional du culte musulman, d'un comité interconfessionnel créé à la suite des attentats de janvier 2015. © Maxppp / Arnaud Dumontier

"Va-t'en Satan !", se serait écrié Jacques Hamel face à ses bourreaux. Ces mots résonnent encore dans l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray, et la mort brutale du prêtre, en pleine célébration de la messe, plane toujours sur la petite commune normande. Le traumatisme reste à vif pour les paroissiens et plus largement pour la population, observe le maire actuel. Pour Joachim Moyse, ce drame "va rester gravé dans nos mémoires et dans nos vies".

Même s'"il faut aller de l'avant", le souvenir du père Hamel n'est effectivement jamais bien loin. Désormais, il repose sous une tombe grise, simple, mais néanmoins fleurie et régulièrement visitée, sur les hauteurs de Rouen. Il est sur la voie de la béatification après l'ouverture de la procédure diocésaine, en avril dernier. Mais tandis que l'Église catholique passe sa vie et ses écrits au crible, la République, elle, en a déjà fait un de ses martyrs. Jeudi, elle sera représentée par Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l’Intérieur, aux côtés de la préfète de Seine-Maritime et de l'ancien maire de la ville, Hubert Wulfranc.

Liturgie, égalité, fraternité...

En juillet 2017, un an après le drame, plus de 500 personnes étaient venues assister à la messe en l'honneur du père Hamel. Même s'"il y avait des absents", notais le député, la basilique de Notre-Dame de Bonsecours était bondée. Cette année, les relations entre les communautés catholique et musulmane sont à nouveau au cœur de l’événement.

Dès mercredi, le père Pierre Belhache, curé de la paroisse Saint-Sever – Saint-Clément de Rouen et responsable diocésain des relations avec l’Islam, prend la parole. Le lendemain, les personnes rassemblées marcheront silencieusement jusqu'à l'église, avant une cérémonie républicaine devant la stèle érigée l'année dernière. Une sphère métallique gravée du profil du prêtre où sont inscrits les droits de l'Homme, devenue un lieu de "recueillement", voire de "pèlerinage", relève un Stéphanais.

Ça n'est pas simplement un homme d'église, c'est aussi un citoyen

"En tant que tel, il était engagé dans la vie communale", se souvient Hubert Wulfranc. L'élu communiste voit dans cette commémoration un moyen "de faire acte de mémoire", avec la messe à l’église présidée par Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen. Mais également "de donner un acte de sens" grâce à la cérémonie républicaine. De la mystique à la politique... Une façon, selon l'élu communiste, de montrer que "la République permet aux croyants et non-croyants de discuter d'égal à égal", et ainsi de "travailler sur la question de la fraternité, du rassemblement pour bien vivre ensemble". Il en est convaincu, "Jacques Hamel aurait bien aimé qu'à travers lui, les Stéphanais et les Stéphanaises, ici, se trouvent".

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.