[scald=106805:sdl_editor_representation]par Emmanuel Jarry

MONTAUBAN, Tarn-et-Garonne (Reuters) - Nicolas Sarkozy et cinq autres candidats à l'élection présidentielle se sont retrouvés dans une démonstration

d'unité nationale mercredi à Montauban le temps d'un hommage aux trois soldats abattus par le tueur de Toulouse.

Cet homme, qui se réclame d'Al Qaïda et a revendiqué en outre l'assassinat de trois enfants et d'un rabbin dans une école juive de Toulouse, était au même

moment assiégé par les forces de l'ordre dans un immeuble de la ville rose.

Il "voulait mettre la République à genoux", a dit le chef de l'Etat dans un éloge funèbre prononcé sur la place d'armes de la caserne du 17e régiment de

génie parachutiste, en présence de plusieurs centaines de militaires et de quelque 2.000 civils.

"La République n'a pas cédé, la République n'a pas reculé, la République n'a pas faibli", a-t-il ajouté, devant les trois cercueils recouverts du drapeau

français. "La République a fait son devoir et sa justice, demain, fera le sien."

Nicolas Sarkozy était notamment accompagné par le Premier ministre, François Fillon, et les ministres de l'Intérieur, de la Défense et de la Justice, Claude

Guéant, Gérard Longuet et Michel Mercier.

Derrière les membres du gouvernement avaient pris place le candidat socialiste François Hollande, la candidate du Front national, Marine Le Pen, celui du

MoDem, François Bayrou, la candidate écologiste Eva Joly et le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan.

Les trois soldats de confession musulmane assassinés à Toulouse et à Montauban la semaine dernière ont été victimes d'une "exécution terroriste", a déclaré

Nicolas Sarkozy.

"La mort que nos hommes ont rencontrée n'était pas celle à laquelle ils étaient préparés", a-t-il dit. Mais "c'est bien l'armée française que le tueur a visée

et c'est la République française qui a été touchée."

Le 17e régiment de génie parachutiste participe aux opérations en Afghanistan. Deux de ses soldats ont été tués le 15 mars à 150 m de leur caserne. Le

troisième militaire tué, membre du 1er régiment du train parachutiste basé à Toulouse, a été abattu par le même homme le 11 mars, dans cette ville.

"DEVOIR IMPÉRIEUX"

"Si des communautés ont été prises pour cibles à Montauban comme à Toulouse, ce sont (...) des Français qui ont été assassinés", a insisté Nicolas Sarkozy.

Le chef de l'Etat, candidat à un second mandat et qui a suspendu sa campagne depuis lundi, de même que son principal adversaire, François Hollande, a lancé

un nouvel appel à l'unité nationale, un "devoir impérieux" dans ces circonstances.

"La France rassemblée a donné ces derniers jours une magnifique image de dignité", a-t-il dit. "Cet homme, ce tueur, n'est pas parvenu à fracturer notre

communauté nationale."

"Nous devons rester rassemblés. Nous ne devons en aucun cas céder à l'amalgame et en aucun cas céder à la vengeance", a ajouté le chef de l'Etat, que l'on a

vu, à la fin de la cérémonie, serrer la main des cinq autres candidats.

Il avait auparavant été à Toulouse au chevet de policiers, d'un quatrième soldat et d'un adolescent juifs blessés par le tueur présumé, et rencontré les

responsables de l'opération lancée dans la nuit contre le suspect.

A l'issue de la cérémonie, les cinq autres candidats ont expliqué être venus par devoir.

"Je voulais être là parce que c'est toute la République qui doit être rassemblée dans ce moment-là", a dit François Hollande, qui a cependant averti qu'il

reprenait sa campagne présidentielle dès jeudi.

"Un choix doit être fait, il sera fait. Et les Français savant très bien qu'il y a le temps de l'unité, de l'hommage, du recueillement, du rassemblement par

rapport à une agression qui a été perpétrée à l'égard de la République tout entière, et puis il y a le temps, aussi, du débat", a-t-il ajouté.

Eva Joly, qui avait suscité une vive polémique en 2011 en souhaitant la suppression du défilé militaire du 14-Juillet, a dit être venu manifester sa "solidarité

avec l'armée", ainsi qu'avec les familles des victimes.

"Je pense qu'il était important que tout le monde soit présent aujourd'hui", a pour sa part déclaré Marine Le Pen. "Et puis la vie, hélas, continuera. Il

faudra tout de même qu'on se donne les moyens que ce genre de choses n'arrive plus."

Edité par Gilles Trequesser

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