[scald=113725:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Les hommages ont afflué mercredi pour saluer la mémoire de Raymond Aubrac, figure de la Résistance, mort mardi soir à l'âge de 97 ans à l'hôpital du Val-de-Grâce à Paris.

Dans un communiqué, l'Elysée a rendu hommage à "cette figure héroïque de la Résistance" et à sa femme Lucie Aubrac, décédée en 2007.

"Ces héros de l'ombre qui ont sauvé l'honneur de la France, à un moment où elle semblait perdue, disparaissent les uns après les autres", peut-on lire. "Nous avons le devoir d'en maintenir le souvenir vivant au cœur de notre mémoire collective."

Né en juillet 1914 à Vesoul, Raymond Samuel, dit Aubrac, rejoint avec son épouse Lucie Aubrac les rangs de la résistance à l'occupation allemande dès 1940 en participant à la création du mouvement Libération-Sud.

Le 21 juin 1943, cet ingénieur de formation est arrêté à Caluire (Rhône) dans le cabinet du Docteur Frédéric Dugoujon avec Jean Moulin et d'autres chefs de la Résistance par la Gestapo dirigée pour la région de Lyon par Klaus Barbie.

Il s'évade lors d'une opération spectaculaire menée par sa femme, alors enceinte de leur deuxième enfant, et en février 1944, le couple gagne Londres.

L'avocat et président de l'association des Fils et Filles de déportés juifs de France, Serge Klarsfeld, a salué le "dernier grand acteur et dernier grand témoin" de la Résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale.

"C'est un couple de légende et ils survivront notamment par ce qu'ils ont fait et aussi parce que c'est un couple qui militait revolver au poing", a-t-il dit sur BFM TV. "C'était des gens qui étaient hors du commun".

Dans un communiqué, le PCF rend hommage à un couple qui restera "une source inépuisable d'inspiration dans les combats pour l'émancipation, la justice, la liberté, l'égalité et la fraternité." Europe Ecologie-Les Verts assure pour sa part vouloir "rendre vivant l'héritage qu'il nous a légué".

"AFFAIRE DE HASARD"

Dans un entretien au Monde paru en mars 2011, Raymond Aubrac confiait que ce dont il était le plus fier était "le choix de (s)a compagne".

"Je dois dire que c'était bien joué. La réciproque est vraie, je crois que Lucie en convenait. Dans la vie, vous savez, il n'y a que trois ou quatre choix fondamentaux à faire. Tout le reste est affaire de hasard."

"C'était à la fois un grand-père très attentif, d'une insatiable curiosité, et qui avait les valeurs républicaines chevillées au corps", a indiqué mercredi son petit-fils Renaud Helfer-Aubrac, sur Europe 1. "Pour lui, la liberté, l'égalité et la fraternité n'étaient pas des vains mots, bien au contraire".

"Je crois que le moment que je garderai de lui, c'est ce moment où au cours d'une partie de pêche à la truite dans les Cévennes nous l'avons convaincu mon frère et moi de rédiger ses mémoires qu'il s'était toujours, peut-être par prudence, par humilité, refusé à rédiger. Ce jour-là, je crois que nous l'avons convaincu de le faire pour les générations qui allaient ensuite entrer dans le droit chemin de la vie".

Marine Pennetier avec Service France, édité par Yves Clarisse

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.