La ministre de la Santé a saisi la justice administrative après la décision de plusieurs maires Les Républicains de censurer une campagne de prévention du VIH.

La campagne de prévention du sida victime de censure
La campagne de prévention du sida victime de censure © Radio France / Olivier Benis

Le ministère de la Santé a lancé le 19 novembre une campagne nationale d'affichage mettant en scène des couples d'hommes s'enlaçant avec ce message : "Les situations varient. Les modes de protection aussi."

Une dizaine d'élus Les Républicains (LR), dont le maire d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Bruno Beschizza, ont pris des arrêtés interdisant ces affiches, qu'ils jugent "contraires aux bonnes mœurs et à la moralité" et susceptibles de "heurter la sensibilité de l'enfance et de la jeunesse".

Une dizaine de villes sur les 130 où la campagne est diffusée ont écrit à JC Decaux, qui assure l'affichage public, pour demander le retrait des affiches. Contractuellement, l'entreprise est obligée de le faire à partir du moment où elle reçoit une demande écrite d'une municipalité. D'autres édiles LR estiment que cette campagne, baptisée "SexoSafe", dévalorise l'image des personnes homosexuelles, "réduites à leur libido".

La ministre de la Santé a immédiatement réagi sur son compte Twitter :

A un internaute demandant ce qu’il pourrait dire à sa fille de huit ans découvrant les affiches, la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol, a conseillé de dire à l’enfant :

Elle a la chance de vivre dans un pays où on informe les gens, sans déni, pour les aider à se protéger des maladies graves.

Une campagne qui s'invite dans la campagne

Mardi, la députée LR Isabelle Lecallennec, proche de François Fillon, membre du mouvement Les femmes avec Fillon, estime que cette campagne "choque", est "très suggestive" et porte à "un message électoral en direction d'une communauté".

"Ce n'est pas neutre. Il y a un message en plus du message. (...) Je voudrais savoir pourquoi on a choisi cette campagne-là, si l'agence de pub en a proposé d'autres, et pourquoi on a retenu celle-là.""Elle est très suggestive", a-t-elle déclaré à l'AFP, en marge du point de presse hebdomadaire au QG de François Fillon.

Christophe Béchu, soutien d'Alain Juppé, maire LR d'Angers, a également décidé de retirer les affiches placardées dans 70 emplacements de la ville depuis le 16 novembre. Il a confirmé avoir demandé ce retrait mais "uniquement aux abords des écoles (primaires) et sur le parcours des bus scolaires" pour "protéger les enfants, à la suite de plusieurs dizaines de plaintes d'habitants".

►►►LIRE | Cinq raisons d'avoir honte après le vandalisme des affiches contre le VIH à Châlons (article publié le 22 novembre 2016 dans L'Union)

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