D'après un sondage Odoxa réalisé avec France Inter, la majorité des Français sont fiers de leurs hôpitaux mais craignent une détérioration de la qualité des soins à l'avenir.

Photo d'illustration hôpital.
Photo d'illustration hôpital. © Maxppp / Maxppp

C'est le principal enseignement à tirer du Baromètre Santé 360, réalisé par Odoxa pour la FHF (Fédération Hospitalière de France), en partenariat avec France Inter et le Figaro : l'hôpital public a toujours la cote auprès de la majorité des Français, qui sont pourtant de plus en plus pessimistes également, sur l'avenir des soins dans le pays. Ce sondage a été réalisé en septembre 2017 par internet, sur un échantillon de 1 000 citoyens.

L' hôpital public, une fierté nationale...

Qui a dit que les Français n'étaient jamais contents ? D'après cette étude, près des trois-quarts des personnes interrogées (72%) disent avoir une bonne image des établissements de santé publics comme des médecins généralistes de villes (81%). Elles estiment même que la France est le pays d'Europe qui dispose des meilleurs soins et du meilleur accès à l'hôpital public.

... mais une image qui se détériore

Tout va bien donc... du moins, pour le moment. Car quand on leur demande de se projeter dans plusieurs années, la fierté laisse place aux doutes et à l'inquiétude. Trois-quarts des Français pensent aussi que les soins vont se dégrader à l'avenir. La mauvaise image de l'hôpital public (bien que minoritaire) a progressé de huit points en un an. Un désamour de plus en plus grand aussi envers les médecins de ville (baisse de leur image de 8 points).

Trois-quarts des Français inquiets pour l'avenir des soins en France, selon le Baromètre Santé 360 publié par Odoxa, le 16 octobre 2017.
Trois-quarts des Français inquiets pour l'avenir des soins en France, selon le Baromètre Santé 360 publié par Odoxa, le 16 octobre 2017. / Institut Odoxa

La plupart des patients pointent notamment le manque de communication entre médecins et hôpitaux, avec des échanges d'informations trop compliqués, irréguliers ou en retard. D'autres soulignent le manque de transparence et d'écoute avec encore trop peu de place accordée aux associations de patients dans les établissements, par exemple.

Quel hôpital pour demain ?

Toujours d'après cette étude, 9 Français sur 10 estiment que la santé doit être une priorité de financement et d'investissement pour le gouvernement, alors que les deux-tiers pensent que l'avenir des établissements de santé est un sujet mal pris en compte par les pouvoirs publics.

Pour 92% des personnes interrogées, la prévention doit être au cœur de la mission de l'hôpital. Quant à la prise en charge des malades, la majorité des Français reste favorable à ce qu'elle soit complète pour les patients souffrant de pathologies chroniques, alors qu'une minorité d'entre eux pensent que ce lieu ne devrait accueillir que des consultations ponctuelles lorsque "les compétences ou les ressources sont indisponibles en ville". Les sondés ne s'opposent pas fermement à la médecine ambulatoire (soutenue par le gouvernement). En cas de pathologie lourde, 64% d'entre eux préférerent être soignés chez eux, contre 35% en faveur d'une hospitalisation "classique", dans les murs de l'établissement.

La majorité des Français restent favorables à une prise en charge complète des soins par les hôpitaux, selon le Baromètre Santé 360 publié par Odoxa, le 16 octobre 2017.
La majorité des Français restent favorables à une prise en charge complète des soins par les hôpitaux, selon le Baromètre Santé 360 publié par Odoxa, le 16 octobre 2017. / Odoxa

Enfin, l'usage des outils du numérique dans la santé est plutôt plébiscité quand il s'agit de se faciliter la vie des patients, notamment pour la prise de rendez-vous (via les sites internet et les applications). Par ailleurs, 52% des personnes interrogées souhaitent que leur dossier médical soit accessible et modifiable sur le cloud. En revanche, le numérique suscite encore de nombreuses craintes dans d'autres domaines, notamment sur les téléconsultations. Enfin, 7 français sur 10 seraient prêts à renoncer à un hôpital près de chez eux, à condition d'avoir une plus grande qualité de soins dans le cadre d'un regroupement de structures, par exemple.

Les Français partagés sur l'usage des outils numérique dans la santé, selon le Baromètre 360 publié par Odoxa, le 16 octobre 2017.
Les Français partagés sur l'usage des outils numérique dans la santé, selon le Baromètre 360 publié par Odoxa, le 16 octobre 2017. / Odoxa

► POUR EN SAVOIR PLUS | Déserts médicaux : l’hôpital en dernier recours

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