#ConfinésMaisSolidaires - Nombre de personnes pauvres, tranche d'âge, seuil de pauvreté, bénéficiaires du RSA ou des collectes alimentaires, sans domiciles, perception de sa situation financière : voici huit indicateurs clés.

Les associations caritatives n'ont jamais été autant sollicitées qu'en 2020.
Les associations caritatives n'ont jamais été autant sollicitées qu'en 2020. © AFP / Christophe Archambault

Le Covid n'a rien arrangé. Ces dernières semaines, les associations d'aide aux plus démunis n'ont eu de cesse de lancer l'alerte : la pauvreté augmente en France et de façon dramatique avec des distributions alimentaires de plus en plus sollicitées et des minima sociaux de plus en plus requis pour vivre. Pire, plus de la moitié des Français craignent, en pleine crise sanitaire et économique, de basculer dans la pauvreté, d'après le baromètre du Secours populaire

En cette journée "Confinés mais solidaires" sur France Inter, voici huit indicateurs, chiffres clés ou graphiques pour se rendre compte de l'état (inquiétant) de la pauvreté en France. 

Près de 10 millions de pauvres en France

La France compte 5,3 millions de pauvres si l’on fixe le seuil de pauvreté à 50% du niveau de vie médian et 9,3 millions si l’on utilise le seuil de 60%, selon les données 2018, dernière année rendue disponible par l’Insee. On considère une personne comme pauvre lorsque ses revenus sont inférieurs à un certain pourcentage du niveau de vie médian (qui partage la population en deux groupes égaux). Alors qu'il était plutôt fixé à 50% jusqu'en 2008, le seuil de 60% du revenu médian est aujourd'hui le plus utilisé.

12% des 18-29 ans

La pauvreté augmente chez les plus jeunes, mais n’épargne pas les plus âgés, note l'Observatoire des inégalités. Le nombre d’enfants de foyers pauvres et de jeunes adultes modestes a globalement augmenté de 42% depuis le début du siècle. Cette progression est de 50% pour les jeunes adultes.  

Moins de 1 063 euros par mois, seuil "officiel" de pauvreté en France  

Là encore, le pourcentage choisi change la donne. Mais il est considéré qu'en dessous de 885 à 1 063 euros de revenus par mois, une personne seule franchit le seuil de pauvreté. Évidemment, ce chiffre évolue selon la composition du foyer :

9 euros par jour pour les bénéficiaires du Secours catholique

Une fois les dépenses contraintes déduites (loyer, factures d'eau, d'énergie, assurances, etc.) la moitié des personnes aidées par le Secours catholique vivent avec, en moyenne, moins de 9 euros par jour. Ce "reste pour vivre" doit financer la nourriture, les vêtements, les produits d'hygiène et certaines familles sont face à des "choix impossibles" alerte le dernier rapport de l'association, qui porte sur ses chiffres 2019, soit avant la pandémie et la crise économique qu'elle entraine. L'an dernier, l'association a aidé en 2019 1,4 million de personnes, dont plus de 650 000 enfants. Le niveau de vie médian de ces personnes s'élève à 537 euros, bien en-dessous du seuil de pauvreté fixé en 2018 à 1 063 euros. 

9% de bénéficiaires du RSA en 2020

Conséquence de la crise sanitaire, le gouvernement s'attend à une hausse moyenne de 8,7% des bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) en 2020, comme l'a indiqué fin octobre le ministre des Comptes publics, Olivier Dussopt. Une déclaration faite à l'Assemblée, lors d'un débat technique sur les ressources des départements, sur lesquels pèse la charge du RSA. Ce chiffre cache d'importantes disparités puisque ces hausses peuvent être minimes comme massives selon les départements.  

Près de 20% des Français vivent à découvert

18% des Français ne peuvent pas boucler leur budget sans être à découvert à la fin du mois, dont 8% craignent de basculer dans la précarité, selon le dernier baromètre réalisé par Ipsos pour le compte du Secours populaire. Au sein de ce même panel représentatif, près d'un interrogé sur trois rencontre des difficultés à régler ses dépenses d'énergie (électricité, chauffage). 40% des Français, dont 64% des plus modestes se restreignent sur la qualité de leur alimentation pour une question d'argent. Certains vont même jusqu'à restreindre les quantités ou sauter des repas (14% des interrogés). 

Restos du cœur : 30% de repas servis en 10 ans

Entre 1986 et aujourd’hui, le nombre de repas servis par les Restos du cœur a été multiplié par 16. Et ce chiffre, après une petite chute en 2016, ne cesse d’augmenter depuis 2017. Actuellement, l’association, fondée par Coluche, sert plus de 136 millions de repas (c’était le chiffre en 2019), c'est 30% de plus qu'au début de la décennie. La moitié des personnes qui accèdent à l’aide des Restos a moins de 25 ans, alertait l'association mi-octobre.

Avec le confinement, de façon générale, le recours à l’aide alimentaire aurait augmenté de "plus de 30%" dans les grandes métropoles, d'après un responsable des Restos du coeur à franceinfo. On estime qu'au moins huit millions de personnes bénéficient, en France, de l'aide alimentaire

Au moins 300 000 sans domiciles 

Alors que la dernière enquête officielle de l’Insee date de 2012, la Fondation Abbé-Pierre a récemment tenté d’actualiser les chiffres du nombre de sans-abris. Dans une note publiée mi-novembre, l’association comptabilise au moins 300 000 personnes sans domicile, soit plus du double des 143 000 comptabilisés dans la dernière enquête de l’Insee en 2012. 

Dans le détail, l’association compte 185 000 personnes qui vivent en centres d'hébergement, 100 000 dans des lieux d'accueil pour demandeurs d'asile, 16 000 dans des bidonvilles et au moins 27 000 personnes sans abri, auxquelles la Fondation additionne celles et ceux que certaines municipalités comptabilisent en organisant des “Nuits de la solidarité” : 3600 à Paris, 1600 à Montpellier, 1 000 à Rennes. Les personnes sans domicile sont souvent des hommes seuls, avec une forte proportion d'étrangers, note l’association. Mais la part des femmes et des familles ne cesse d'augmenter.

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