Entre 10% et 15% des jeunes Français de 11 à 21 ans ressentent un mal-être. Le gouvernement lance un plan national "bien-être et santé des jeunes".

Entre 10 à 15% des jeunes français de 11 à 21 ans ressentent un mal-être
Entre 10 à 15% des jeunes français de 11 à 21 ans ressentent un mal-être © Maxppp / Pascal Deloche / GODONG/picture-alliance / Godong/Newscom

Le gouvernement annonce un plan destiné aux jeunes, inspiré d'un rapport remis ce mardi aux ministères de la Santé, de l’Éducation nationale et de la Ville, la Jeunesse et les Sports. Ce texte, présenté par la psychiatre Marie-Rose Moro, qui dirige La Maison de Solenn, le centre pour adolescents installé à l’hôpital Cochin (Paris), et l’inspecteur d’académie Jean-Louis Brison, dresse un état des lieux du mal-être de la jeunesse française et fait dix recommandations. 200 personnes ont été interrogées.

Rien n'est perdu

10% à 15% des jeunes Français de 11 à 21 ans ressentent un mal-être. Ne pas être à sa place, ne pas utiliser ses compétences, ou avoir l'impression qu'une seule partie de soi-même est développée : ce sont les principales causes du malaise de la jeunesse. Les jeunes concernés ont alors l'impression qu'ils ne deviendront pas des adultes "à leur place", autonomes.

Ce malaise peut aller jusqu'aux automutilations, voire aux tentatives de suicide, estime Marie-Rose Moro, psychiatre, qui dirige la maison des adolescents appelée « Maison de Solenn » à l’hôpital Cochin.

Un rapport remis en 2015 au ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports sur la médiation sociale face à la violence scolaire souligne le faible niveau de confiance des collégiens envers les autres élèves et les adultes de l’institution scolaire. Les adolescents jugent "faible" l'attention que leur portent les adultes.

60% des pathologies que l'on voit chez les adultes commencent avant 14 ans. Sur le plan psychologique et neuro-biologique, le cerveau est encore malléable jusqu'à 25 ans : il y a donc moyen d'améliorer les choses, d'aider le jeune à trouver sa place dans son environnement, trouver la bonne orientation, grâce à la notion de "réparer, consoler".

Les jeunes Français vont plus mal que d'autres

Comparés à l'Italie et l'Espagne, qui ont vécu des crises économiques plus fortes qu'en France, c'est dans l'Hexagone que les jeunes sont le plus pessimistes, ont le plus d'idées de mort. Le poids de l'institution scolaire est très lourd, et les élèves sont très vite mis en compétition. Entre 11 ans et 21 ans, de 8 % à 10 % des jeunes d’une classe d’âge se sentent dans une position non tranquille, voire ­totalement en dehors du système. Ce taux peut aller jusqu’à 15 %, à 20 % en zone rurale, dans les banlieues

Des formes insidieuses d’échec ou de violences scolaires, d'ennui, d'indifférence ou de retrait par rapport à l’institution scolaire et aux enseignants, peuvent produire ou raviver des souffrances personnelles, susceptibles de devenir insurmontables.

Une récente enquête montre le niveau très moyen de bien-être psychologique ressenti au collège, avec un certain désamour des élèves vis-à-vis de l’établissement qui va grandissant avec l’âge. 30% seulement des collégiens se disent satisfaits de leur vie scolaire. De même, dans l’enquête Pisa 2012, on note que si les élèves français aiment l’école, cet amour décroît très fortement avec l’âge (plus de 20% de points d’écart entre la 6ème et la 3ème).

Quelles solutions?

Le p@ss santé jeunes, dont l'expérimentation vient d'être votée à l'Assemblée nationale, accessible via une application pour smartphones notamment. Quand un adolescent se sentira en difficulté, il pourra, en plus de toutes les possibilités actuelles, consulter gratuitement un médecin. Si le médecin le juge nécessaire, il pourra lui prescrire un maximum de 10 séances de psychothérapie gratuites – plus deux avec ses ­parents si besoin.

Une permanence téléphonique sera mise en place à destination des personnels de l’Éducation nationale, des associations jeunesse et sports. Nous préconisons un renforcement de leur formation sur le bien-être et la santé des adolescents. Le rapport recommande la création d’un corps unique de psychologues de l’éducation ­nationale et un renforcement de la médecine universitaire. Il propose des maisons des adolescents de deuxième ­génération, aux missions et aux moyens augmentés.

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