Guillaume Mélanie, président d'une association LGBT, a été violemment agressé mardi 16 octobre, alors qu'il sortait d'un restaurant. Il raconte à France Inter les circonstances de cette nouvelle agression homophobe.

La photo postée par Guillaume Mélanie après son agression
La photo postée par Guillaume Mélanie après son agression © @guillaumelanie / Twitter

Le nez tordu, le visage ensanglanté : la photo postée sur Twitter par Guillaume Mélanie est sans équivoque. "On était sept-huit amis, tous gays. On sortait d'un restaurant et on occupait un peu de place sur le trottoir", commence-t-il à raconter. Là, un homme bouscule un de ses amis pour se frayer un chemin. Et c'est à ce moment-là que tout bascule. 

Je lui ai juste dit "Hé, ho, doucement quand même", et il s'est retourné en disant "Mais ta gueule toi, tu suces des bites, pédé !" et m'a mis un gros coup de poing, de toutes ses forces. 

"Je tombe. Heureusement, mes amis font barrière." Ils protègent Guillaume et repoussent l'agresseur. "Il était déterminé à en découdre et à me laisser vraiment en mauvais état." Face au nombre, l'homme abandonne et tourne les talons, "en continuant de lâcher un flot d'insultes homophobes."

Au lendemain de cette agression, le président de l'association Urgences Homophobie souffre beaucoup - "ça fait atrocement mal", explique-t-il à France Inter. "Mais ce qui me fait le plus de peine, c'est que j'étais avec un de mes réfugiés, menacé de mort pour homophobie dans son pays. _Là il vient en France, à Paris, et me faire casser la gueule devant lui c'est grave_." Urgences Homophobie vient en effet en aide aux étrangers LGBT en danger dans leur pays. 

Une recrudescence des violences envers les homosexuels ?

Sur Twitter, les réactions de soutien à Guillaume Mélanie n'ont pas tardé à affluer, à commencer par la maire de Paris Anne Hidalgo. L'édile appelle, face à "cette série d'actes homophobes", "un sursaut collectif", et promet de réunir les associations LGBT pour réfléchir à la question. 

Cette hausse des actes homophobes, Guillaume Mélanie affirme la ressentir aussi. "Il y a une recrudescence des actes, c'est une évidence. Chaque jour c'est une nouvelle victime. Je m'y attendais. _Je me disais que ça allait m'arriver_." Depuis plusieurs mois, les victimes d'agressions homophobes sont nombreuses à poster sur les réseaux sociaux des images de leurs visages tuméfiés. "Puisque les mots ne disent pas tout, j'ai décidé d'afficher le visage d'une homophobie trop présente ces derniers temps", twittera par exemple Damien Loret, militant LGBT agressé le 18 août à Bordeaux.

En deux mois, au moins une dizaine d'agressions homophobes constatées

Le 27 juin, une étude de l'Ifop révélait ce chiffre effarant : plus de la moitié des personnes gay, bisexuelles ou transgenre ont déjà été victimes d'une agression en raison de leur orientation sexuelle. Cette étude était présentée au Secrétariat d'État chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes. 

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