Dounia Bouzar
Dounia Bouzar © MAXPPP

Alors que les deux adolescents toulousains partis combattre en Syrie n'ont plus donné de nouvelles depuis mardi, l'anthropologue Dounia Bouzar tente d'expliquer l'engouement de certains jeunes pour la cause djihadiste.

Deux ados de quinze ans, scolarisés, a priori sans problèmes particuliers. Ils ont tout quitté pour aller se battre en Syrie aux côtés des djihadistes. Ils avaient bien préparé leur fuite, personne n'était au courant. Aujourd'hui, il seraient aux côtés des combattants d'Al Qaïda, selon le père de l'un d'entre eux. Il ne comprend pas, pour lui, c'est une maladie grave.

C'était un bon vivant, calme, qui n'avait aucune fréquentation de ces milieux-là (...) Pour moi, c'est un fléau, un cancer qui peut contaminer tout le monde.

Comment expliquer cet engagement ? L'anthropologue Dounia Bouzar, membre de l'Observatoire de la laïcité et auteur du livre Désamorcer l'Islam Radical décrypte au micro de Béatrice Dugué comment les mouvances islamistes radicales s'y prennent pour attirer les jeunes.

L'Islam radical arrive maintenant à utiliser les procédés des dérives sectaires en passant par Internet (...) Plus personne ne contrôle ces nouveaux mouvements religieux (...) On dit au jeune qui a un petit malaise, qui a envie de fuir le monde réel, "tu ne le sais pas encore, mais Dieu t'a élu pour appartenir à un groupe supérieur". Il faut qu'on puisse se dire : "l'Islam, ce n'est pas ça".

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