Mars 1978, le pétrolier "Amoco Cadiz" s'échoue au large de Portsall. Deux de ses cuves déversent une marée noire polluant les côtes finistériennes. Il faudra attendre 14 ans pour que les communes soient indemnisées.

Portsall après la marée noire du à l'échouage de l'Amoco Cadiz
Portsall après la marée noire du à l'échouage de l'Amoco Cadiz © AFP / Jean-Pierre PREVEL

Les images que beaucoup retiennent de la catastrophe qui a souillé quelque 360 kilomètres de côtes, ce sont des oiseaux qui se débattent dans un magma gluant et des vagues noires qui déferlent sur les plages.

Le 16 mars 1978, alors qu'une tempête fait rage, un gouvernail de l'Amoco Cadiz se bloque en raison d'un problème hydraulique. Un câble de remorquage se brise et le supertanker libérien, armé par la compagnie américaine Standard Oil, heurte les récifs et se brise, juste devant le petit port de Portsall (nord-Finistère). 

227 000 tonnes de brut se répandent sur le littoral, de Brest à Saint-Brieuc.  

Le lendemain, les habitants de Portsall découvrent, médusés, l'ampleur du désastre. Sans voix, beaucoup sont au bord des larmes. 

La catastrophe a tué entre 19 000 et 37 000 oiseaux et détruit 30 % de la faune et 5 % de la flore marine sur 1 300 kilomètres carrés. Une armée de bénévoles en ciré jaune et de militaires nettoiera les plages et les rochers, souillés par la plus importante marée noire jamais causée par l'échouement d'un pétrolier. 

Le naufrage de l’Amoco Cadiz
Le naufrage de l’Amoco Cadiz © AFP / Simon MALFATTO, Sophie RAMIS

En 1992, au terme d'un marathon judiciaire de quatorze ans, le groupe pétrolier américain sera condamné à verser l'équivalent de 35 millions d'euros aux communes polluées et près de 160 millions d'euros à l'Etat français. Une première dans l’histoire du droit de l’environnement. Là aussi, il restera une image : celle d'une délégation de maires de communes bretonnes, ceints de leurs écharpes tricolores, dans les rues de Chicago.

L'Amoco Cadiz n'a pas été la première marée noire bretonne, ni la dernière catastrophe écologique a frapper le littoral breton. 

Les déchets que ces pollutions ont généré, ont été stockés en Bretagne. L'association Robin des Bois les a répertoriés.

Après cette catastrophe, de nouveaux moyens entrent en vigueur :  des avions sont positionnés à la base de Lorient-Lann-Bihoué.  Le rail d'Ouessant est modifié début 1979 pour obliger les navires transportant des matières dangereuses à passer plus loin des côtes bretonnes. Un puissant remorqueur de haute mer, basé à Brest et affecté 24 heures sur 24 est opérationnel comme un navire spécialisé dans la récupération du pétrole en mer.

Le reportage de Mikaël Roparz 

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Le reportage de Michaël Ropartz

Par Michaël Ropartz

Cette longue série de naufrages conduira également les pouvoirs publics à créer le Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux à Brest. 

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