Les hôtels accueillant des familles sans logement sont saturés et les centres d'hébergement d'urgence n'accueillent pas les familles. Les séjours s'éternisent.

Une réforme de l'hébergement d'urgence est nécessaire
Une réforme de l'hébergement d'urgence est nécessaire © Maxppp / Simon Daval

Plus d'un tiers des places en hébergement d'urgence (35%) en Ile de France sont des chambres d'hôtels. Ces chambres sont payées par l'Etat afin de permettre aux familles démunies de trouver un toit de manière "provisoire". Coût moyen : 17,50 euros par nuit et par personne ( jusqu'à 23 euros dans Paris). Au niveau national, 10 000 places en hôtels étaient disponibles en 2007. Plus de 41 000 l'étaient en 2016.

Ainsi, le Samu social (115) d’Ile-de-France loue, chaque nuit, 12 000 chambres dans 550 hôtels de la région. Faute de moyens humains, le Samu social doit même faire appel, moyennant commission, à des sous-traitants pour réserver chaque jour les chambres nécessaires. 36 000 personnes sont hébergées dans des hôtels d'urgence.

En 2015, l'Etat a déboursé 547 millions d’euros pour ces chambres, rendues nécessaires faute de solution.

Du provisoire qui s'éternise

En Ile-de-France, 2 000 familles vivent à l’hôtel depuis plus de deux ans (elles étaient un peu plus de 500 en 2011). Car comment trouver un logement plus décent et plus pérenne lorsque l'on est travailleur pauvre ou sans papiers.

Il y a trop peu de solutions de sortie. Il y a saturation des logements sociaux à loyer très modéré. Certaines de ces familles sont en attente de régularisation de leur séjour en France, parfois pendant 7 ou 8 ans. Elles ne peuvent pas espérer une amélioration de leur situation tant qu'elles n'ont pas de papiers. Christine Laconde, directrice générale du Samu social à Paris

►►► ECOUTER | L'interview de Christine Laconde, directrice générale du Samu social à Paris, dans le journal de 13h de France Inter

Des hôteliers parfois véreux

Le Samu social a mené un audit après avoir contrôlé tous ces hôtels lors de visites surprise et en tire les conclusions qui s'imposent. Les hôteliers devront effectuer, le cas échéant, les réparations nécessaires, sous peine d'amendes. Les conditions d'hébergement peuvent être sordides. Certains hôteliers vont jusqu'à déclarer occupées des chambres qui, en réalité, sont vides. 2 % de chambres vides ont ainsi été découverts par les enquêteurs du 115.

Ceux qui en sortent s'en sortent

►►► ECOUTER | Lila Lefebvre a rencontré une famille qui, après cinq ans en hôtel d'urgence, a obtenu un hébergement dans un vrai appartement

►►► CONSULTER |Le rapport du sénateur LR Philippe Dallier sur l'hébergement d'urgence (7 décembre 2016)

►►► ALLER PLUS LOIN | Faire un don pour aider les sans-abri sur le site du Samu social

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