Des militants écologistes de l’association "Action non violente COP 21" ont décroché le portrait d’Emmanuel Macron ce jeudi dans les mairies du 3e et 4e arrondissement de Paris. Leur message ? Dénoncer l’inaction de l’État sur la question climatique.

Les militants ont investi la mairie de Cabestany, afin de décrocher le portrait du président Emmanuel Macron
Les militants ont investi la mairie de Cabestany, afin de décrocher le portrait du président Emmanuel Macron © Maxppp / Nicolas Parent

Des activistes écologiques du collectif Action non-violente COP 21 ont élaboré une action coup de poing ce jeudi matin, dans les mairies du 3e et 4e arrondissement. Vêtus de gilets jaunes, les membres sont entrés dans les établissements avant de se diriger vers la salle des mariages. Sur place, ils ont décroché le portrait d’Emmanuel Macron. Ces militants dénoncent l'inaction du président de la République face à l'urgence climatique.

"Les actions de désobéissance civile, c’est complémentaire aux marches pour le climat, aux recours climat de l’affaire du siècle [cette action en justice climatique envers l’Etat] et à d’autres actions qui nous permettraient de rester en dessous des 1,5°c à 2°C d’ici à la fin du siècle, trajectoire sur laquelle on n’est pas du tout. C’est la raison principale de notre action aujourd’hui", a résumé Marion Esnault, porte-parole d’Action non-violente COP 21. 

Les mairies de la capitale ne sont pas les seules visées. Des opérations identiques ont été organisées ce mois-ci dans plusieurs autres mairies de France comme à Biarritz, Ustaritz et Lyon. À Cabestalny en Occitanie mercredi, Jean Vila qui n'est autre que le maire de la commune, a d'ailleurs aidé les militants à décrocher le portrait. "Vous n'allez pas le réquisitionner puisque je vous le confie avec plaisir. Il faut protéger notre planète, et les gens qui l'habitent", a-t-il dit. 

Les membres sont conscients des risques qu'ils encourent pour ces actions de désobéissance civile non-violentes. Ils peuvent être poursuivis pour vol en réunion et manifestation non déclarée. Deux personnes ont déjà été mis en examen, après la plainte de la mairie de Lyon le 21 février. Denis Broliquier, maire divers droite de l’arrondissement, avait dénoncé un "acte de violence morale contre notre République. (...) Militer est un engagement dans la cité que je respecte profondément. Mais la défense du climat ne justifie en rien le vol d’un symbole de la République."

Dénoncer l'inaction des pouvoirs politiques pour sauver le climat

Les militants très bien organisés, utilisent les réseaux sociaux pour communiquer sur leurs actions. Le hastag #SortonsMacron est fréquemment utilisé sur Twitter pour réunir la communauté. Et sur son site internet, l'ANV-COP21 (Action non-violente COP 21) affiche ses objectifs. L'organisation ne cache pas sa volonté de rassembler le plus de monde possible pour "faire émerger un mouvement citoyen de masse, non-violent et déterminé, radical et populaire." Pour mener ces actions, les membres s'organisent dans des assemblées, et forment des groupes "d'actions locaux" répartis dans toute la France. Les campagnes dans les mairies sont décidées en amont par "un groupe action" qui se réunit deux fois par mois.

Pourquoi une telle volonté ? Les activistes écologiques remettent en cause l'inaction politique, et surtout l'accord de Paris qui ne permettrait pas de sauver le climat. Ce texte serait inadapté à "l'urgence climatique à laquelle l'humanité est confrontée."

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