Le confinement a été pour certains salariés une embellie. Finis les longs trajets en voiture ou transports en commun pour rejoindre leur lieu de travail, plus de collègues à supporter et qui nuisent à la concentration, et surtout une vie privée simplifiée. Témoignages.

Finis les longs trajets en voiture ou transports en commun : pour certains salariés le télétravail est une aubaine
Finis les longs trajets en voiture ou transports en commun : pour certains salariés le télétravail est une aubaine © Getty / askmenow

Gestion du temps à la carte, oublié les open spaces, gain en temps de sommeil, Marion, Morgane et Valentin ont trouvé des avantages certains au télétravail forcé pendant le confinement. 

"Ça me simplifie vraiment la vie"

Marion Olivier avait  déjà goûté au télétravail avant la pandémie. Cheffe de projet à Lyon dans une entreprise qui s’occupe de traduire des questionnaires médicaux, elle effectuait, un ou deux jours de travail à son domicile en moyenne par semaine.  Mais le confinement, le télétravail à temps plein, avec son mari dans la même situation, ont plus encore amplifié son désir d’en faire un véritable mode de fonctionnement à part entière. "Ça simplifie  vraiment l’équilibre travail-famille-loisirs" explique-t-elle. "J’ai un petit garçon de 3 ans, je sors du travail, je vais le chercher chez sa nounou, le temps de faire quelques courses, même si on alterne avec mon mari, j’ai calculé l’autre jour, il se passe une heure et quart entre mon départ du travail et le moment où j’arrive à la maison avec mon fils". "Ça," renchérit-elle "en télétravail, c’est vraiment du temps de gagné". Et ce temps, Marion imagine pouvoir l’utiliser pour se livrer à sa passion de toujours : "M’assoir à une table dans un petit coin et écrire".

"Halte aux faux-semblants" 

Valentin, 27 ans vit en couple. Sa profession : contrôleur technique de construction dans une agence de Seine-et-Marne. Il a déjà un métier très nomade comme il le qualifie lui-même, il est souvent sur le terrain, avec tous les outils pour travailler de l’extérieur, mais dit-il "jusque-là je me sentais obligé d’aller travailler à l’agence". Et c’est vraiment ce qui lui pèse le plus. "Je suis en open space" décrit-il, "mes collègues veulent me parler, ce n’est pas forcément négatif, mais à chaque fois il faut bien dix minutes / un quart d’heure pour se re-concentrer. À la fin de la journée j’ai perdu une heure et demie, voire deux heures de travail". Et il enfonce le clou avec "les disputes d’untel avec untel, le chef qui a refusé les congés d’untel, ça ne m’intéresse pas". 

"Chez moi, je n’ai pas besoin de faire semblant d’écouter mes collègues, je peux travailler en short quand il fait chaud, écouter de la musique sans gêner personne" 

"Ça me donne une très grande liberté, j’arrive mieux à organiser mes journées".

Difficile déconnexion

Morgane, 38 ans, célibataire, est agent des finances publiques dans la région Centre. "Chez nous, aux impôts" précise-t-elle tout de suite "le télétravail c’est quelque chose qu’on découvre tout  doucement. Comme tout est très sécurisé, les applications ne sont pas forcément adaptées au télétravail ". Mais voilà, avec le confinement, il a bien fallu accélérer le processus. Et Morgane y a pris goût : "Je passe une heure vingt dans ma voiture tous les jours pour faire l’aller-retour au travail". "" détaille-t-elle "je me lève plus tard mais je travaille plus, je gagne du temps, et même de l’argent sur l’essence, j’évite le bruit du plateau de travail. Le télétravail, c’est pour moi un vrai gain de confort".

De nos trois témoins, Morgane seule met tout de même l’accent sur "un point noir" : "La déconnexion est difficile. On est en surcharge de travail en ce moment chez nous aux impôts, alors l’ordinateur vous tend les bras, c’est vrai qu’on a l’allumage du PC facile, à toute heure de la journée et même le week- end".

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