D'après une étude de l'Institut Pasteur, la contamination par un coronavirus plus connu et saisonnier, de la même famille que le Covid-19, ne protège pas du nouveau coronavirus Sars-Cov-2.

"L'infection par les coronavirus saisonniers n'offre pas une protection significative contre l'infection par le Sars-Cov-2", explique l'Institut Pasteur.
"L'infection par les coronavirus saisonniers n'offre pas une protection significative contre l'infection par le Sars-Cov-2", explique l'Institut Pasteur. © AFP / Phanie

C'était jusque-là l'une des hypothèses avancées pour expliquer que les enfants sont moins touchés par le Covid-19. Mais non, les fréquentes infections par les autres types de coronavirus, responsables des rhumes et bronchites l'hiver, ne protègent pas de l'infection par le Sars-Cov-2. C'est ce que révèle une étude coordonnée par l'hôpital Necker à Paris et l'Institut Pasteur et rendue publique lundi. Elle confirme la fréquence et le taux important d'anticorps contre ces types de coronavirus dits "saisonniers" dans la population, mais ces derniers n'empêchent pas pour autant les infections par le Sars-Cov-2. 

"L'infection par les coronavirus saisonniers n'offre pas une protection significative contre l'infection par le Sars-Cov-2 et les autres maladies associées comme le syndrome semblable à la maladie de Kawasaki", note Marc Eloit, responsable du laboratoire de découverte de pathogènes à l'Institut Pasteur. 

L'immunité collective en question

L'observation a été menée du 1er mars au 1er juin 2020 dans sept hôpitaux parisiens et de la proche couronne, auprès de 775 enfants (de 0 à 18 ans), dont 36 présentaient un syndrome apparenté à la maladie de Kawasaki. Deux groupes ont été constitués, l'un constitué d'enfants positifs et l'autre d'enfants négatifs. 

Quel que soit le groupe, une grande majorité des enfants observés (80 à 90%) a croisé des coronavirus saisonniers et développé des anticorps contre ces derniers. Mais ils n'en sont pas protégés contre le nouveau coronavirus pour autant. "Si le virus de la Covid-19 se comporte comme les coronavirus saisonniers, cette observation interroge sur la capacité de la population à atteindre un niveau d'immunité suffisant pour empêcher la réapparition régulière de la maladie" en déduit le chercheur, co-auteur de l'étude. 

Ces contaminations par des coronavirus connus "ne facilite pas non plus l'infection" au Covid-19. "La question pouvait se poser car on connaît des anticorps protecteurs mais aussi 'facilitants', ce n'est pas le cas ici", conclut-il. 

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