Cette étude, très préliminaire, montre que des singes ré-exposés au coronavirus après une première infection ne présentent pas de récidive. Reste à s'assurer que ces résultats sont transposables à l'homme.

Une autre étude chinoise portant elle aussi sur des macaques a montré l'efficacité d'un vaccin expérimental
Une autre étude chinoise portant elle aussi sur des macaques a montré l'efficacité d'un vaccin expérimental © AFP / Philippe HUGUEN

Peut-on être réinfecté par le coronavirus après une première contamination ? La question, essentielle à l'approche du déconfinement, taraude les spécialistes. Les autorités sanitaires semblent de plus en plus convaincues que les patients ayant croisé le virus développent ensuite une immunité protectrice, mais rien n'est encore tout à fait sûr. Néanmoins, plusieurs études récentes menées sur des macaques présentent des résultats plutôt encourageants. 

Ainsi, des chercheurs chinois ont suivi des singes ré-exposés au Covid-19 après la disparition des symptômes d'une première infection. Résultat : ces singes, qui ont développé des anticorps, ne présentent pas de récidive. Aucune charge virale n'a été détectée, les résultats sont les mêmes que pour les macaques n'ayant pas été ré-exposés. Même s'il s'agit de données scientifiques très préliminaires, cela tend à prouver que l'infection initiale protège bel et bien d'une infection ultérieure. 

L'étude en question, sortie mi mars, est  lire sur le lien suivant: https://www\.biorxiv\.org/content/10\.1101/2020\.03\.13\.990226v1

Des résultats loin d'être négligeables

"C'est la démonstration vivante que la réinfection n'est pas simple si vous avez une réponse anticorps", souligne le professeur Jean Sibilia, doyen de la faculté de médecine de Strasbourg. Ces résultats sont loin d'être négligeables, selon lui, au vu de la proximité entre l'homme et le singe. Même s'il existe des nuances, "Ca peut paraître bizarre mais en matière de réponse immunitaire, avec les singes, il y a une sacrée proximité, même s'il y a quand même des différences donc il faut rester très prudent, et ne pas en tirer de conclusions trop hâtives, mais les résultats sur le singe sont malgré tout beaucoup plus pertinents que ceux qu'on peut faire avec un chien, un rat ou une souris". Un premier résultat de bon augure, même s'il reste à connaître la durée de cette  immunité et, bien sûr, si ce constat est transposable à l'homme.

Une autre étude émanant d'un laboratoire chinois, très préliminaire elle aussi, a montré ces derniers jours l'efficacité d'un vaccin expérimental sur des macaques. Les singes vaccinés à la plus forte dose et exposés au virus n'ont montré aucun signe d'infection une semaine plus tard. 

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