Après un nouvel incendie dans sa ville, la maire d'Aubervilliers dénonce "les marchands de sommeil".

L'incendie qui a fait 22 blessés à Aubervilliers s'est déclaré dans un immeuble sans "aucune autorisation de logement" selon la maire de la ville.
L'incendie qui a fait 22 blessés à Aubervilliers s'est déclaré dans un immeuble sans "aucune autorisation de logement" selon la maire de la ville. © Maxppp / Olivier Arandel

Trois semaines après l'incendie qui avait fait quatre morts (une mère enceinte et ses trois enfants) dans une tour HLM d'Aubervilliers, et pour lequel un enfant de 10 ans est mis en examen, un nouveau drame a fait 22 blessés ce 19 août 2018.

Le feu s'est déclaré vers 19h sous les combles d'un immeuble de deux étages et a nécessité l'intervention d'une centaine de pompiers. Sept personnes sont gravement blessées, dont cinq enfants et une femme qui a pu être réanimée après une crise cardiaque et dont le pronostic vital était engagé dimanche soir. Seize autres victimes sont plus légèrement touchées, notamment par les émanations de fumées, dont dix policiers et un pompier venus sur place pour tenter d'évacuer les habitants.

"Il n'y avait aucune autorisation de logement"

Au lendemain de cet incendie, la maire d'Aubervilliers Meriem Derkaoui (PCF) se pose "la question de savoir dans quelles conditions cette habitation était occupée". Selon elle, "il n'y avait aucune autorisation d'urbanisme d'occupation en tant que logement de la ville d'Aubervilliers". Lors d'un point presse, elle a affirmé qu'il s'agissait d'un commerce où les vérifications avaient été effectuées jusqu'en 2000.

Une enquête est en cours. Les pompiers ont sécurisé les lieux et ils viennent de quitter le quartier.

Meriem Derkaoui a réaffirmé la volonté de la mairie à vouloir lutter contre les "marchands de sommeil, contre la découpe, contre l'occupation illégale" et "l'exploitation inhumaine de familles, d'enfants, de femmes, d'hommes, qui sont venus pour vivre mieux" en France. Elle en appelle au gouvernement, et demande à Edouard Philippe "de se mettre autour d'une table pour rénover ces quartiers et donner des moyens. On ne peut plus laisser des êtres humains à la merci des marchands de sommeil." 

Insalubrité généralisée dans la ville ?

D'autant que le problème semble récurrent dans la ville. Une des habitantes du quartier, Ouidette, réside "juste en face" de l'immeuble incendié. Elle dit habiter dans un appartement vétuste : "On paie 560 euros par mois alors qu'il n'y a pas de chauffage... Il n'y a rien ! Franchement, comment on habite-là, c'est trop dangereux." 

En 2014 déjà, un immeuble de la rue Prévost partait en fumée pour la deuxième fois en quinze mois. Le prédécesseur de Meriem Derkaoui, Pascal Beaudet (Front de Gauche), parlait alors d'un logement "bien connu pour des problèmes d’hygiène et de sécurité" et pour des cas de suroccupation. Cinq personnes étaient mortes dans ces deux incendies. L’Association droit au logement (DAL) organisait d'ailleurs une "marche des sinistrés".

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