Un incendie a fait dix morts et une trentaine de blessés au 17 bis de la rue Erlanger, dans le XVIe arrondissement de Paris. La piste criminelle est privilégiée. Une femme souffrant de troubles psychiatriques et habitant l'immeuble a été placée en garde à vue puis transférée en hôpital psychiatrique.

Un violent incendie a ravagé un immeuble d’habitation parisien dans la nuit du 4 au 5 février, dans le XVIe arrondissement.
Un violent incendie a ravagé un immeuble d’habitation parisien dans la nuit du 4 au 5 février, dans le XVIe arrondissement. © Maxppp / PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Il s'agit de l'incendie le plus meurtrier survenu depuis 2005 dans la capitale. Il s'est produit dans la nuit du 4 au 5 février 2019, dans un immeuble datant des années 70. 

Le bilan est toujours provisoire. Pour le moment, dix personnes sont mortes dans cet incendie. Parmi ces victimes, on compte "un enfant en bas âge", selon le maire du XVIe arrondissement. De plus, 21 habitants ont été hospitalisés. Une personne se trouve également en urgence absolue, et trente en urgence relative.                      

Parmi les 200 pompiers mobilisés, huit d'entre eux ont été pris de malaises dus à l'effort fourni ou ont été intoxiqués par les fumées. Aucun n'a été hospitalisé.       

Une femme suspectée, présentant des troubles psychiatriques            

Une femme a été arrêtée assez rapidement. Elle fait partie des habitants de l'immeuble. Elle est âgée d'une quarantaine d'années et elle est décrite par le procureur de la République de Paris, Rémi Heitz, comme "présentant des troubles psychiatriques".                       

Elle a été interpellée, dans la nuit de lundi à mardi, à proximité des lieux en état d'ébriété alors qu'elle venait d'essayer de mettre le feu à un véhicule et à une poubelle.                       

Elle a d'abord été placée en garde à vue mais après un examen médical approfondi, sa garde à vue a été levée. Elle est désormais prise en charge à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police.                       

Quelques temps avant l'incendie, la suspecte avait fait un séjour à l'hôpital psychiatrique de Sainte-Anne, à Paris.                       

Cette femme avait déjà fait l'objet de deux plaintes en 2016. L'une des deux plaintes concernait une affaire d'incendie d'un magasin. Ces deux plaintes ont été classées sans suite en raison de l'état mental déficient de la suspecte.      

Plusieurs départs de feu retrouvés dans l'immeuble et un conflit violent, la veille

La piste criminelle est privilégiée par les enquêteurs. Des traces de produit inflammable ont été détectées sur place.  Selon les premiers éléments de l'enquête, l'incendie est dû à plusieurs départs de feu au sein de l'immeuble, au 2e, 7e et 8e étages.                       

De plus, l'une des voisines de la suspecte a détaillé le violent conflit de voisinage qui a précédé le drame, lundi soir. Selon cette habitante, le conflit a opposé la femme souffrant de troubles psychiatriques à un jeune pompier qui n'était pas en service, mais qui habite l'immeuble. Par ailleurs, ce témoin rapporte des propos de ses voisins : "Ils ont entendu crier 'tu flamberas, sale pompier, etc'", raconte-t-elle.                       

Cet immeuble était-il vétuste ? "Disons qu'il n'est pas très bien entretenu", a répondu ce témoin, avant de dénoncer l'absence d'extincteurs dans la résidence.                                          

Une centaine de personnes à reloger            

Une centaine de personnes ont dû être relogées par de la famille et des proches. Une petite dizaine d'entre elles sont hébergées à l'hôtel.   

"La Ville va prendre un arrêté interdisant l'occupation d'un certain nombre d'appartements qui ont été totalement ou partiellement détruits", a déclaré Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris.                       

Une trentaine de victimes ont été accueillies à la mairie d'arrondissement où était mis en place une cellule d'aide aux victimes. De nombreux habitants des alentours se sont présentés sur place pour apporter des vêtements ou du soutien.                       

La cellule de soutien psychologique et d'aide au relogement a été activée mardi. Elle restera ouverte ce mercredi.

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