Cette femme transgenre brésilienne se bat dans son pays pour les minorités opprimées. Elle est l’héroïne d’un documentaire, diffusé le 19 mai au festival de Cannes par l’association Acid. Mais Indianara a été condamnée pour proxénétisme par la justice française en 2008. Elle est depuis interdite de territoire.

Au Brésil Indianara Siqueira est devenue une figure des mouvements militants. En 2016, elle est élue comme suppléante au conseil municipal de Rio de Janeiro
Au Brésil Indianara Siqueira est devenue une figure des mouvements militants. En 2016, elle est élue comme suppléante au conseil municipal de Rio de Janeiro © Aude Chevalier-Beaumel et Marcelo Barbosa / Acid

Dans le documentaire d'Aude Chevalier-Beaumel et Marcelo Barbosa qui sera projeté à Cannes dans quelques jours par l’association Acid, Indianara raconte son combat pour les minorités et les marginaux brésiliens. Le film est présenté à Cannes dans quelques jours. Mais elle ne pourra peut-être pas s'y rendre.

Je ne peux pas entrer sur le territoire français. J'ai été condamnée en France à cinq ans de prison explique Indianara Siqueira.

Jeudi soir, lors d’une audience devant la Cour d’appel de Paris, ses soutiens ont essayé de faire lever cette interdiction.

En 2010, après deux ans passés à la prison de Fleury Merogis pour proxénétisme aggravé, Indianara est expulsée au Brésil où elle refait sa vie. Elle devient une figure des mouvements militants. En 2016, elle est élue comme suppléante au conseil municipal de Rio de Janeiro. Une victoire pour les transgenres du pays. 

Indianara Siqueira est devenue une figure publique

Elle cherche donc à montrer aux juges qu’elle est passée à autre chose. Aude Chevalier Beaumel, la réalisatrice du documentaire, l’aide dans cette démarche. 

"On a rassemblé des papiers pour montrer que les faits sont anciens, qu'Indianara n'a pas de casier judiciaire au Brésil, qu'elle est devenue une figue publique. Elle n'a pas envie de retourner en France de toute manière".

La réalisatrice française vit au Brésil depuis une dizaine d'années. Elle a rencontré Indianara lors d'une de ses actions à Rio De Janeiro en 2016. Elle scandait, seins nus, les noms des 180 transgenres brésiliens tués dans l'année. 

Elle ressemblait à notre Marianne confie la réalisatrice.

Mais en 2008, en plus de la prison, Indianara a été condamnée à payer des dommages et intérêts à ses victimes et 50 000 euros d’amende. Chose qu’elle n’a pas faite. L’avocat général de la Cour s’oppose donc à la levée de son interdiction de territoire.

La décision finale sera connue le 15 mai, quatre jours avant la projection à Cannes.

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