Le Japon vit actuellement la pire catastrophe météorologique de ces trente dernières années. Des pluies torrentielles, suivies d'inondations et de glissements de terrain, ont endeuillé l'ouest du pays. Le gouvernement japonais est fortement critiqué pour sa gestion de crise jugée tardive.

Le gouvernement japonais est fortement critiqué pour sa gestion tardive des intempéries et des dégâts gigantesques comme ici à Kurashiki.
Le gouvernement japonais est fortement critiqué pour sa gestion tardive des intempéries et des dégâts gigantesques comme ici à Kurashiki. © AFP / Shohei Izumi

Les intempéries ont fait au moins 200 morts et plusieurs dizaines de personnes sont portées disparues, alors que 200 000 Japonais sont privés d'eau courante par des températures qui atteignent par endroits les 30 degrés.

Alors que les recherches continuent, la question de l'évaluation du danger face à des phénomènes inédits se pose. 

"Nous restons encore sans nouvelles de nombreuses personnes et nous poursuivons les recherches", a expliqué le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga.

"Le délai critique de 72 heures est passé, mais nous allons continuer en pensant qu'il y a peut-être des survivants", a constaté Mutsunari Imawaka, fonctionnaire de la province d'Okayama, la plus meurtrie avec celle de Hiroshima. 

Le Premier ministre Shinzo Abe a annulé une tournée dans quatre pays – en Belgique, France, Arabie Saoudite et Egypte. Il s'est brièvement entretenu en privé avec quelques habitants sinistrés. 

La hauteur d'eau dans les parties inondées du quartier de Mabi à Kurashiki dans la préfecture d'Okayama atteint par endroits 4,8 mètres.

Les météorologues ont constaté des phénomènes météorologiques jamais observés avec une pluviométrie record en 72 heures dans 118 points d'observation.

Évacuation tardive des habitants

L’évacuation tardive des habitants soulève la question des méthodes d'évaluation du danger, comme l’a reconnu le gouvernement, très critiqué par l'opposition pour sa gestion de crise jugée tardive. La cellule de crise n'a été mise en place que dimanche matin alors que le bilan s’élevait déjà à 30 morts samedi soir. 

"La fréquence à laquelle les catastrophes météorologiques ont lieu a augmenté et nous vivons dans un monde où les règles apprises par l'expérience passée ne peuvent plus être appliquées", justifie Hiroyuki Ohno, responsable de l'institut Sabo, spécialiste des glissements de terrain. 

Les habitants doivent décider eux-mêmes s'ils partent ou restent

Alors que 70 % du territoire nippon est constitué de montagnes et de collines, de nombreuses habitations sont construites sur des pentes abruptes ou des plaines inondables. Par ailleurs, de nombreuses maisons japonaises sont en bois. 

Mais ce que les experts critiquent c’est le système d'avertissement japonais, qui confie à des fonctionnaires locaux n'ayant aucune expérience de gestion des catastrophes la décision d'émettre ou non des ordres d'évacuation, qui ne sont en plus pas contraignants. 

Les habitants doivent décider eux-mêmes s'ils partent ou restent, dans des situations où ils manquent souvent d'informations précises. 

"Les autorités locales ont des réticences à émettre des ordres d'évacuation et cela peut créer des retards. Et si l'avertissement est donné à une heure nocturne, personne ne l'entend", prévient Hirotada Hirose, spécialiste en gestion des catastrophes. 

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