Interclass’, c’est aussi le moyen pour nous, étudiants en journalisme, de nous glisser dans un costume peu banal : celui de professeur dans un cours de journalisme accéléré.

Sous le regard de leur professeur d'anglais (troisième en partant de la gauche), la 2nde 6 s'essaye au Zoom.
Sous le regard de leur professeur d'anglais (troisième en partant de la gauche), la 2nde 6 s'essaye au Zoom. © Radio France / Vincent MARCHE

Interclass' : le carnet de bord de Vincent Marche avec les lycéens du Blanc-Mesnil (2/5)

En quelques heures, sept enfants vont devoir apprendre le journalisme. Ou une partie, du moins. C’est parfait pour moi. Si je n’avais pas été journaliste, j’aurais été professeur. Il y a deux ans, en même temps que les concours d’entrée en école de journalisme, j’ai aussi tenté ceux pour devenir professeur des écoles. Le journalisme a pour moi une mission équivalente à celle de l’Education Nationale : la transmission du savoir.

Première étape, le 10 janvier. Pour la première leçon, il faut leur enseigner les éléments les plus importants. Par exemple, l'angle. Au fur et à mesure de la discussion, les élèves doivent comprendre que l'angle, c'est la recette du reportage, le fil rouge. Problème. Si trouver un angle est un mécanisme naturel quand je traite un sujet, j'estime ne pas encore disposer d'assez de recul pour l'expliquer à d'autres personnes. En arrivant ce jour-là, j’apprends que les élèves iront tourner leur reportage à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle le 31 janvier. Quatre thématiques ont été choisies: les pompiers, l’aumônerie, les taxis et la tour de contrôle. Vu que l’aumônerie est le sujet qui m’interpelle le plus, je pilote le groupe qui s’en occupe. Pour chaque reportage, un journaliste est accompagné d’un membre de l’équipe éducative. « Dans ce groupe, il y a de très bons éléments, » me prévient la professeure d’anglais, avec moi.

C'est vrai. Très vite, ils comprennent ce que je leur explique. La thématique de la cohabitation entre les religions au sein d’un petit espace se dégage. Ils savent désormais que le contenu devra être axé autour de ça. Je pense que j’ai hérité d’un bon groupe. Il y a des éléments qui semblent brillants. Je les guide mais ils trouvent les questions assez rapidement. Et il y en a même deux ou trois auxquelles je n’aurais pas pensé.

Les lycéens du Blanc-Mesnil ont préparé quelques questions pour leur reportage à l'aéroport.
Les lycéens du Blanc-Mesnil ont préparé quelques questions pour leur reportage à l'aéroport. © Radio France / Vincent MARCHE

Deuxième étape, le 24 janvier. La théorie, c’est bien. La pratique, c’est mieux. Ce jour-là, les élèves apprennent à se servir du matériel qu’ils vont utiliser, des Zoom, des petits enregistreurs. Une aubaine pour moi (et pour eux). Je me suis servi de ces appareils pendant toute une année universitaire alors que les journalistes de France Inter utilisent une autre marque, le Nagra.

Après une brève explication, ils s’essaient à l’exercice dans la cour du lycée avec le sourire mais en étant impressionnés. Ils s’essaient aux trois questionnaires qui seront proposés le jour même: un aux passants, un aux employés et un aux aumôniers Parfois, certaines questions me semblent peu en rapport avec ce qui a été décidé deux semaines avant. « Oui mais Monsieur… » me rétorque Adam. Ils défendent leur angle comme de vrais journalistes. Mais je me rends compte que certains n'ont pas travaillé et qu'ils découvrent les questions sur le tas. En tant qu'apprenti professeur, je devrai régler ce problème avant l’enregistrement.

Autre élément de leur apprentissage, la prise de contact. Avant de partir, Alyssa se comporte comme une vraie journaliste. Elle cale un rendez-vous avec l’imam, récupère le numéro de téléphone du pasteur et des informations. 20/20.

► ECOUTER AUSSI | Interclass', c'est aussi une rencontre tous les dimanches matins avec les équipes qui participent au projet.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.