Ce jeudi 31 octobre, l’Anses (l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) publie un communiqué pour alerter sur les intoxications aux courges non comestibles. Très semblables aux potirons et butternuts, certaines espèces sont en effet dangereuses pour la santé.

Saurez-vous reconnaître les courges comestibles... et les autres ?
Saurez-vous reconnaître les courges comestibles... et les autres ? © Getty / EyeEm

Ils sont un emblème de l’automne, et un excellent remède contre le froid qui s’installe. Potirons, potimarrons, butternut et autres courges sont les stars de nos maisons en cette fin octobre. Outre leur aspect décoratif pour Halloween, ils s’invitent aussi volontiers dans nos assiettes. Peu coûteux et faciles à cuisiner, ce sont d’excellents produits de saison. Mais attention : toutes les courges ne se valent pas… et ne se mangent pas !

"Tout le monde a commencé à tomber malade"

Thaïs, une jeune fille de 16 ans qui réside à Nice, en a fait l'amère expérience à l'hiver 2018. "On rentrait en famille d'un parc d'attractions, on est arrivés à la maison et un membre de notre famille nous avait préparé une jolie soupe." La courge, dont Thaïs ne connaît pas le nom, venait d'un panier bio récupéré dans une AMAP. lls sont alors sept à table, et cinq à manger de la soupe, "très bonne" selon Thaïs.

Au milieu du repas, une de mes petites cousines s'est sentie mal. Elle avait envie de vomir, elle est partie aux toilettes. Petit à petit, tout le monde a commencé à se sentir mal, on s'est mis à vomir les uns après les autres.

De cette expérience, la famille de Thaïs en a gardé une légère méfiance envers les courges : "On a mis six mois à en remanger !", précise-t-elle, "mais ça nous a quand même fait rire, ça fait une histoire de famille à raconter". Plus de peur que de mal, puisque l'intoxication n'a pas duré longtemps et était sans gravité. Mais certaines personnes sont moins chanceuses.

Nausées, diarrhées, vomissements qui peuvent conduire à l'hospitalisation

Dans son communiqué du 31 octobre, l'Anses explique que “certaines courges sont toxiques et contiennent des cucurbitacines, substances très irritantes et amères qui peuvent être responsables rapidement après l’ingestion de douleurs digestives, de nausées, de vomissements, d’une diarrhée parfois sanglante, voire de déshydratation sévère nécessitant une hospitalisation.” Ces substances ne sont pas éliminées à la cuisson et sont en fait un mécanisme de défense des courges, qui repoussent ainsi les insectes prédateurs comme les chenilles.

Selon une étude du centre antipoison d’Angers publiée en 2017, certaines régions connaissent une plus forte prévalence de cas d’intoxication : en tête, la Bretagne, avec dix fois plus de cas qu’en région PACA ; les Pays de la Loire et le Centre-Val de Loire semblent aussi particulièrement concernés. Pas d’alarmisme pour autant : avec 353 cas entre 2012 et 2016, les intoxications concernent moins de 5 personnes sur 1 million. 

Gare à la confusion !

Deux cas de figure sont à distinguer : le premier, la confusion avec des courges décoratives comme les coloquintes. Elles sont “toutes considérées comme toxiques”, explique l’ANSES. Elles sont parfois vendues dans le commerce au rayon fruits et légumes, ce qui peut favoriser la confusion. En 2017, le Centre antipoison d’Angers recommandait davantage de clarté dans le commerce à ce sujet.

Second cas de figure possible : les courges cultivées en potager. Certaines courges, à l’origine comestibles, “_deviennent impropres à la consommation à la suite d’_hybridations sauvages”, explique l’Anses. C'est peut-être d'une de ces courges hybrides dont Thaïs et sa famille ont été victimes. Si des variétés comestibles sont cultivées à proximité de variétés non comestibles, les espèces peuvent "fusionner" et engendrer des variétés toxiques. Attention, prévient l’Anses, ces courges hybrides “ont strictement la même apparence que les courges comestibles”.  Seule différence : le goût, amer pour les variétés toxiques, neutre ou sucré pour les comestibles. L’ANSES recommande de ne pas consommer de courges sauvages qui auraient poussé spontanément. 

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