Le 9 janvier 2007, Steve Jobs présentait son nouveau produit phare : l’iPhone. Dix ans plus tard, le smartphone a changé nos usages, et même toute l’économie du numérique.

Le lancement de l'iPhone en 2007 avait été un succès phénoménal
Le lancement de l'iPhone en 2007 avait été un succès phénoménal © AFP / Shaun Curry

“Aujourd’hui, nous vous présentons trois produits révolutionnaires : un iPod tactile à grand écran, un téléphone mobile révolutionnaire et un terminal Internet innovant (...). Et ce ne sont pas trois appareils séparés, c’est un seul produit. Et nous l’appelons : iPhone”. En trois minutes, le 9 janvier 2007, le patron d’Apple, Steve Jobs, présentait le fruit de longues années de recherche de ses équipes, et un appareil qui, selon lui, allait révolutionner le monde.

L’annonce d’un téléphone signé Apple était attendue de longue date. Depuis 1999 et le dépôt de l’adresse www.iphone.org par la firme à la pomme, les spéculations allaient bon train, régulièrement ravivées par les déclarations du patron superstar. Mais personne ne savait à quoi ressemblerait le fameux appareil.

Un appareil encore tâtonnant à ses débuts

L’annonce de l’iPhone a déchaîné les foules, sur place et dans la presse. Et pourtant, en coulisses, le prototype présenté lors de la “Keynote” de Steve Jobs fonctionnait à peine, rappellent Les Echos, et pouvait envoyer un e-mail puis lancer le navigateur web… mais pas l’inverse.

De même, les plus jeunes et les utilisateurs récents de l’appareil ne se souviennent peut-être pas de ce qu’était le premier modèle de l’iPhone, sorti en France le 29 novembre 2007. Sans 3G, doté d’un appareil photo médiocre par rapport à ce qui se faisait ailleurs, et limité à la dizaine d’applications Apple proposées par défaut, “il y a dix ans, l’iPhone n’était pas un produit mais une annonce”, analyse le site spécialisé iGeneration. L’annonce de ce qu’allait devenir l’univers de la téléphonie mobile, et plus globalement, d'Internet, alors même que la troisième fonction de l'iPhone, "un terminal Internet innovant", n'avait pas autant déchaîné les foules que les deux autres (iPod et téléphone).

Un tournant dans la culture numérique

Steve Jobs, décédé en 2011, a-t-il eu tort dans son pronostic ? Pas vraiment. L’iPhone a redéfini le standard des téléphones portables. Avant l’apparition du produit d’Apple, un smartphone était en général un téléphone à écran couleur, disposant d’un clavier complet et/ou d’un stylet pour contrôler un écran tactile. L’iPhone a popularisé le grand écran tactile grâce à la technologie multipoint qui rend l’écran réactif à la pression de plusieurs doigts à la fois (avant de revenir au stylet qu'il avait tant décrié, avec l'iPad pro).

Par conséquent, l’iPhone a démocratisé des gestes qui pourtant ne sont pas naturels, comme le balayage du doigt pour passer d’un élément à l’autre et le pincement pour agrandir. Des mouvements passés dans l’inconscient et la culture populaires, et vus régulièrement dans la pub, les clips vidéo ou même dans des œuvres d'art contemporain. De la même façon, l'assistant personnel Siri et son intelligence artificielle sont rentrés dans la culture numérique populaire.

Economie des applis et système fermé

En créant, un an plus tard, l’App Store, un magasin d’applications, Apple et son iPhone ont aussi révolutionné tout un pan de l’économie numérique. En 2015, la boutique Apple a généré 20 milliards de dollars de transactions… et c’est sans compter qu’il dispose de son cousin sur Android, le Play Store, qui génère près de deux fois moins de revenus.

Le tableau n’est pas tout rose pour autant. Car tout en révolutionnant le monde du mobile, Apple en a profité pour imposer son système d’exploitation, iOS, au monde entier. Or comme son grand frère MacOS, iOS est un système “fermé”, indissociable de l’iPhone. Et en plus, chaque application qui entre sur votre iPhone doit faire l’objet d’une validation d’Apple. Et c’est ainsi qu’adviennent des situations comme celle survenue en Chine il y a quelques jours, où l’application du New York Times a été retirée de lApp Store chinois, sur demande du gouvernement chinois.

Android, le système développé quelques mois plus tard par Google, s’est bâti une image de système plus modulable, en opposition avec iOS. Pourtant, même si contrairement à un iPhone, un téléphone Android peut recevoir n’importe quel système développé sur la même base, ce sont aujourd’hui Apple et Google qui se partagent une partie largement majoritaire des utilisateurs de smartphone (et donc leurs données personnelles).

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