Ils sont des dizaines, des centaines même selon les photos, sous le soleil de ce dimanche de mars, à sortir se promener, se balader dans les parcs, faire les marchés. Tout ceci serait un beau début de printemps si samedi soir, les autorités n'avaient pas demandé à chacun de ne plus sortir, face au coronavirus.

Le marché d'Aligre (Paris 12), filmé dimanche matin par le journaliste Rémy Buisine
Le marché d'Aligre (Paris 12), filmé dimanche matin par le journaliste Rémy Buisine © Capture d'écran

L'appel d'Édouard Philippe, samedi soir, était clair : en plus de la fermeture des lieux publics "non essentiels", le Premier ministre a appelé les Françaises et les Français à prendre leurs responsabilités, et à ne plus sortir sans bonne raison. "Nous devons tous ensemble montrer plus de discipline dans l'application de ces mesures (...) Nous devons éviter au maximum de nous rassembler, limiter les réunions amicales et familiales", a-t-il expliqué.

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Un message tombé dans l'oreille d'un sourd ? Ce dimanche, sur les réseaux sociaux, on a vu de très nombreuses photos de lieux publics en plein air bondés, comme le marché d'Aligre dans le 12e arrondissement de Paris, rempli de passants. Le mot-clé #Irresponsables s'est développé pour dénoncer ces comportements - en même temps qu'il était utilisé pour dénoncer le manque d'action ferme du gouvernement jusqu'à samedi soir. 

Les mesures sont pourtant claires : en plein air comme en intérieur, il ne faut pas se réunir en grand nombre. Le beau temps de ce dimanche n'aidant pas, les parcs parisiens étaient eux aussi bondés, comme le montrent ces photos publiées sur Twitter dans l'après-midi par des utilisateurs. Ces derniers se sont d'ailleurs eux-mêmes vu reprocher d'être sortis... puisque sinon, ils n'auraient pas pu prendre ces photos. 

Sur les quais du Canal Saint-Martin, la situation est encore plus ubuesque, les passants s'étant agglutinés sur les bords du canal, avec une très grande proximité. Même constat quelques rues plus haut, dans le 19e arrondissement, près du parc de la Villette. Des lieux touristiques, comme la butte Montmartre ou les voies sur berges piétonnes, étaient encore très fréquentés. 

Et ailleurs en France, quelle est la situation ? Cela semble dépendre des villes : à Grenoble par exemple, si tous les parcs ont été fermés par la mairie, il reste des espaces verts sans grilles, et ceux-ci sont eux aussi bien remplis, constatait Virginie Salanson, journaliste de France Bleu.

Inversement, à Perpignan, notre reporter Maxence Lambrecq a pu constater que les rues de la ville étaient désertes - et sous un ciel plus gris que le reste du pays. 

Les Français et Françaises qui continuent à sortir malgré les interdictions et les dangers liés à l'épidémie de coronavirus semblent avoir une forte envie de se réunir au bord de l'eau et dans les espaces verts : à Bordeaux, les quais de Garonne, à quelques dizaines de mètres du centre-ville, sont remplis de passants, signalent deux journalistes basés dans la ville du sud-ouest. Certains ont même organisé, pour braver les règles de sécurité de base, un "carnaval" dans les rues.

Le mouvement semble avoir commencé dès samedi soir, quand des rassemblements spontanés, plus massifs qu'à l'accoutumée, ont été signalés dans plusieurs villes de France. À Paris dans le quartier Bastille, où certains bars disaient ne fermer leurs portes qu'à 6h (malgré une fermeture entrant en vigueur à minuit), ou à Dunkerque où des carnavaliers sont descendus dans la rue.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a déploré ces images : "A côté des images des restaurants fermés, il y a aussi ces images où l'on voit des grands parents joyeux avec leurs grands-parents. Le virus est invisible, et il circule. Il circule vite, et menace la vie des gens. Je conjure les Français qui nous regardent de respecter les mesures de restriction sociale."

Sur les réseaux sociaux toujours, de nombreuses personnalités ont également appelé leurs "followers" à la prudence, et prévenant que la prochaine étape risquait d'être un confinement total, et cette fois-ci obligatoire. Pour l'heure, la distanciation sociale reste le seul moyen d'éviter que l'épidémie de coronavirus ne se propage trop rapidement.

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