Ce lundi, les salariés d'ITélé pourraient entamer leur deuxième semaine de grève. Le conflit semble peu enclin à s'achever, après un week-end qui n'a rien arrangé aux tensions.

Samedi, le nom "News Factory" a été installé... puis désinstallé de la façade d'ITélé
Samedi, le nom "News Factory" a été installé... puis désinstallé de la façade d'ITélé © (L'auteur de la photo a souhaité rester anonyme)

Le bras de fer continue sur ITélé : ce week-end encore, les téléspectateurs de la chaîne d'info en continu ont eu droit à une boucle de rediffusions de reportages. Et si la grève des journalistes est reconduite lundi, elle commencera sa deuxième semaine, alors que la direction "ne répond favorablement à aucune des demandes" des syndicats, selon un communiqué de ces derniers publié vendredi.

Après la question de l'arrivée de Jean-Marc Morandini (dont l'émission devrait être diffusée à 9h à partir de lundi, et non plus 18h), c'est la question du rapprochement entre les rédactions de ITélé et Direct Matin, le quotidien gratuit du groupe Bolloré, qui a un peu plus glacé les relations entre la direction et les grévistes, ce week-end.

L'accrochage raté de "NEWS FACTORY"

Le projet du groupe : créer une grande rédaction commune aux deux médias, nommée "News Factory". Samedi matin, les grévistes présents devant l'immeuble d'ITélé ont vu une nacelle arriver pour installer les grandes lettres de ce nouveau nom. "Ils ont été posés vers 9h, et sur les coups de 15h, une première lettre est tombée. Quelqu'un arrivait à ce moment-là, c'aurait pu être très grave", confie un journaliste de la chaîne.

Vers 17h, une deuxième lettre tombe. Au final, l'équipe qui avait installé les lettres a dû les retirer, sous la surveillance des pompiers. Samedi soir on ne voyait plus que des points de colle sur la façade du bâtiment.

Déménagement sauvage

Autre exemple de l'accélération du projet : un brusque déménagement a commencé ce week-end pour faire de la place au quotidien Direct Matin. "On arrive sur une poubelle au milieu de la rédaction, et on se rend compte qu'elles contiennent des affaires personnelles : chargeurs de portables, notes de journalistes, cartes de visite... qui appartiennent à des journalistes qui sont encore dans la rédaction", déplore un employé.

"Le symbole est extrêmement fort : on met les gens dehors".

Surtout, ce déménagement ordonné en haut lieu, selon les grévistes, est illégal. "Tant que l'avis n'est pas rendu par le comité d'entreprise et le CHSCT, le projet ne peut pas être mis en oeuvre", explique une représentante du personnel. La direction d'ITélé, que nous avons contacté, n'a pas souhaité faire de commentaires sur ces événements. Selon l'AFP, les dirigeants de la chaîne assurent qu'il s'agit d'une erreur des déménageurs.

Le changement de nom reporté sine die

Lundi, les salariés auront peut-être de nouvelles informations sur le changement de nom et de programmation de leur chaîne : ITélé devait devenir CNews lundi matin, mais cette transition a été reportée "sine die" vendredi par la direction, qui n'avait toujours pas annoncé aux employés la nouvelle grille des programmes, censée mettre plus d'info sportive et culturelle à l'antenne.

Des sources ont également constaté le dépôt du nom "CNews Matin" à l'inpi, laissant présager un changement de nom à venir de Direct Matin.

Sur les réseaux sociaux ce week-end, de nombreux utilisateurs ont posté des "selfies" arborant une pancarte #jesoutiensITELE, en marque de soutien au mouvement social.

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