Les représentants de 50 pays sont réunis à Bruxelles pour récolter des millions d'euros. Objectif : contrer la décision de Donald Trump de couper les robinets.

Manifestation aux Etats-Unis pour défendre le financement du planning familial
Manifestation aux Etats-Unis pour défendre le financement du planning familial © Reuters / Rebecca Cook

Une cinquantaine de pays ont réagi très concrêtement ce jeudi à la décision de Donald Trump de couper les vivres aux ONG internationales qui financent l'avortement, telles que le Planning familial, lors d'une grande conférence à Bruxelles, appelée "SHE DECIDES" ("elle décide") organisée par la Belgique, la Suède, les Pays-Bas et le Danemark.

Les représentants de près de 50 pays ont promis jeudi à Bruxelles de débloquer 181 millions d'euros en faveur des droits des femmes dans le monde, afin de compenser la politique anti-avortement du président américain Donald Trump. Mais on est loin du compte encore, puisque le manque à gagner dû à la décision de Trump pour ces ONG est estimé à 600 millions d'euros, selon les Pays-Bas.

Des femmes originaires du Pakistan, de Colombie et du Mali ont expliqué les conséquences d'être privées d'accès aux soins de santé sexuelle et reproductive.

Le vice-Premier ministre belge et ministre de la Coopération au développement, Alexander De Croo, a ouvert la conférence des donateurs "She Decides" ("Elle décide") avec ces mots :

Je pense que la décision de l'administration Trump est une mauvaise décision. Et je n'ai vu aucune preuve qui soit en faveur de cette décision

Lancée par Reagan, relancée par Trump

Annoncée sous la présidence du président républicain Ronald Reagan en 1984, la politique anti-avortement a été remise en vigueur par Donald Trump. Elle prévoit que les fonds fédéraux d'aide internationale ne peuvent être alloués à des ONG étrangères qui pratiquent l'avortement ou militent pour rendre l'avortement légal.

Donald Trump ne cesse de se positionner contre l'IVG, à l'image de ce tweet à l'occasion d'un défilé anti avortement devant la Cour Suprême le 27 janvier dernier :

La marche pour la vie est tellement importante. A tous ceux qui marchent, vous avez tout mon soutien!

Des pays ont annoncé des apports de plusieurs millions d'euros (21 pour la Suède, 10 pour la Belgique, le Danemark ou encore les Pays-Bas), tandis que d'autres, dont la France et le Royaume Uni, ont demandé un délai supplémentaire, tout en réitérant leur engagement en faveur des droits des femmes.

Des grossesses précoces, des décés par millions

Même si les droits des femmes progressent dans le monde, la ministre suédoise à la Coopération a rappelé que

toutes les deux minutes, une femme ou une fille meurt en raison d'une grossesse.

►►►ECOUTER | Les explications de Laxmi Lota :

La ministre suédoise à la coopération a rappelé des chiffres sans appel :

Deux millions de filles accouchent avant l'âge de 15 ans. 62 millions de filles ne vont pas à l'école, beaucoup d'entre elles parce qu'elles sont déjà mères ou mariées (...). Ces femmes et ces filles ont besoin de plus de soutien.

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