Le temps d’une balade sur la N118, France Inter a pu essayer le dernier petit bijou de la maison Peugeot Citroën : la voiture sans conducteur. S’il s’agit pour l’instant que d’un simple prototype, le véhicule semble déjà très convaincant.

Le rendez-vous est pris à 13h20, au siège technique de PSA, à Vélizy-Villacoublay, dans les Yvelines. Sous un soleil de plomb, une Citroën C4 Picasso grise s’avance sur le parking, suivie d’une deuxième. De l’extérieur, tout semble normal, mais à y regarder de plus près, le conducteur de l’une des deux voitures a un comportement étrange. Ses mains ne sont pas sur le volant, mais sur ses cuisses. Car à la différence de sa jumelle, l’une des deux C4 Picasso, reconnaissable par un sticker bleu, est une voiture autonome.

La voiture, équipée d’un système complexe de radars, parvient à effectuer un nombre conséquent de manœuvres toute seule.Elle se place dans une file, double, adapte sa trajectoire en fonction de la circulation, accélère … Bref, plus besoin de conducteur, ou presque !

Pour comprendre comment fonctionne le véhicule autonome, nous grimpons dans le C4 Picasso pour une ballade d'une demie-heure. Direction la N118 et la N104. Car pour la première fois, PSA a obtenu l’autorisation de tester son prototype sur ces deux nationales, mais dans un secteur resserré.

Le passager d’une moto, intrigué, mime un geste d’étonnement

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voiture autonome psa ©

Vincent Abadie, responsable innovation chez PSA, sera le temps de notre démonstration le pilote du C4 Picasso. Le véhicule, comme son nom ne l’indique pas, n’est que partiellement autonome. Pas question de laisser la place du conducteur vide, donc. La voiture, lorsqu’elle passe en mode autonome, est capable de se diriger seule, le reste du temps, le chauffeur gère les commandes, et est donc installé, à l’avant du véhicule.

Les premiers kilomètres, Vincent Abadie s’occupe de tout. Puis, au bout de quelques minutes, il enclenche le fameux mode "conduite autonome" d'une simple pression sur un bouton dédié, placé sur le volant. Le passage entre la conduite manuelle et automatique se fait sans à-coups. Le reste du voyage est très confortable : le véhicule respecte la signalisation, double uniquement lorsque cela est nécessaire, la conduite est fluide…Rapidement, nous dépassons plusieurs voitures, sans les mains et sans stress !

Vincent Abadie, libre de ses mouvements, fait des grands gestes avec ses mains. Quelques véhicules qui passent à notre gauche, s’étonnent. Deux motards nous suivent quelques mètres, et tentent de nous interroger sur cette drôle de voiture sans pilote. Forcément, la voiture autonome surprend, mais n'inquiète pas. Nos amis motards s'éloignent en souriant, satisfaits de cette rencontre.

Faut-il signaler aux autres véhicules que cette voiture est autonome ? Vincent Abadie répond à Rémi Ink

Six capteurs placés tout autour de la voiture

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voiture autonome psa ©

Si à première vue le C4 ressemble à tous les autres, quelques équipements le distingue cependant du reste de la flotte. Le véhicule est relié à une armada de capteurs prototypes (6 scanners laser, une caméra multifonction, plusieurs radars centraux avant et arrière et un GPS différentiel ) qui reconstruisent l'environnement de la voiture pour en adapter la conduite. Une caméra embarquée lit les panneaux de signalisation. L'information obtenue est automatiquement croisée avec les données GPS intégrées pour plus de précision.

Pour les intéressés, il faudra attendre 2018 et le changement de la législation

Si le prototype est opérationnel, quelques détails technologiques sont encore à peaufiner, notamment sur la sûreté du dispositif sont en cours. Lorsque le véhicule passe par exemple sous un pont, le signal GPS est brouillé.

Le voiture, lorsqu’elle doit s’insérer, explique Vincent Abadie, peine quelque peu à prendre des décisions rapidement

Mais le principal frein au véhicule autonome n’est pas sous le capot mais d’ordre juridique. En France,l’article 8 de la convention de Viennes interdit aux conducteurs de ne pas tenir son volant. Il y a aussi l'épineuse question de la responsabilité en cas d'accident.

"Il faudra changer le code de la route" explique Vincent Abadie à Rémi Ink

Quant à de possibles cyber-attaques contre le véhicule autonome, Vincent Abadie explique que c'est un problème global. PSA y travaillerait activement.

Il faudra donc attendre quelques années avant de voir le véhicule arpenter les routes de France. Le véhicule devrait être mis en ventre entre 2018 et 2020. Le prix lui, reste secre. "Il s'agira d'un prix accessible aux clients PSA", rassure Vincent Abadie.

La "Google Drive" circule, elle, déjà sur les routes californiennes

De l’autre côté de l’Atlantique, des voitures autonomes de Google, les "Google Drive " circulent déjà en conditions réelles sur des routes de la Silicon Valley, en Californie, plus précisément à Mountain View, siège du géant de l'internet.

En mai, le géant de l'internet s'est retrouvé au centre des critiques liées à la sécurité de ses prototypes, certains dénonçant un manque d'information ne permettant pas de jauger de la fiabilité de cette technologie. Le groupe avait alors été forcé de dévoiler que ces prototypes avaient été impliqués dans 11 accidents mineurs depuis le début du projet en 2009.

Google a également pour objectif de commercialiser la Google Car d'ici 2020.

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