jacques servier est mort
jacques servier est mort © reuters

Jacques Servier est mort hier à l'âge de 92 ans à son domicile à Neuilly-sur-Seine. Fils d'industriel, le médecin avait fondé son entreprise il y a 60 ans.

En 1954, il rachète "pour trois fois rien" un petit laboratoire à Orléans qui fabriquait du sirop contre la toux. Dès l'année suivante, il lance ses deux premières molécules.

Le groupe Servier grandit, se développe sur des marchés étrangers. Il est aujourd'hui le deuxième laboratoire pharmaceutique français derrière Sanofi. Son chiffre d'affaires est de 4.2 milliards d'euros en 2013.

Toute sa vie, Jacques Servier aura cultivé le secret raconte Danielle Messager

Jacques Servier incarnait son entreprise. Patron omniprésent, il n'a pas désigné officiellement de successeur. Après dix ans de travail commun, Jacques Servier venait d'évincer en octobre dernier son ancien bras.

Le scandale du Mediator

Dans les années 70, les laboratoires Servier mettent au point un médicament antidiabétique, le Mediator. Il sera largement prescrit pour maigrir comme coupe-faim et serait à l'origine de graves lésions des valves cardiaques. Le Mediator est finalement retiré du marché fin 2009.

► ► ► ALLER PLUS LOIN | L'affaire du Mediator

Pendant trente ans, cinq millions de Français se voient prescrire du Mediator. D'après les études, le médicament aurait fait jusqu'à 2.000 morts en France. Une pneumologue brestoise, Irène Frachon avait révélé l'affaire

La pneumologue Irène Frachon accuse Jacques Servier d'être un "pharmaco-délinquant"

Le groupe pharmaceutique est poursuivi dans plusieurs procédures judiciaires, une première notamment pour tromperie, escroquerie et trafic d'influence. Jacques Servier était lui-même mis en examen pour "tromperie aggravée".

Une seconde enquête porte sur des faits d'homicides et blessures involontaires. Il faut notamment prouver le lien de causalité entre la prise de Mediator et les différentes pathologies constatées sur chacun des plaignants.

Céférina Cordoba est l'une des victimes du Mediator

Un grand procès en 2015 ?

La mort de Jacques Servier ne met pas fin aux différentes procédures. L'enquête pour faits d'homicides et blessures involontaires devraient prendre plusieurs années. Les plaignants espèrent un "grand procès" l'an prochain en 2015.

" On tourne la page d'un des plus grands drames de l'industrie pharmaceutique, dit la pneumologue à l'origine de l'affaire Irène Frachon, mais la justice ne s’arrête pas à la mort de Jacques Servier, il a des complices et beaucoup sont mis en examen. La justice doit aller à son terme" dit-elle sur France Inter.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.