On dit que le temps les emporte... alors sans attendre, quelques souvenirs du Tour de France.

1903, un journaliste

Il n'y a pas grand monde ce mercredi d'été 1903 à Mongeron pour le coup d'envoi du premier Tour de France. 78 cyclistes s'alignent sur la ligne de départ. Quelques curieux sont venus assister, en voisin ou de plus loin, au départ.Quelques curieux et des journalistes, pour cette course inventée par et pour le journal "L'Auto".Le 2 juillet 2007, l'émission "Sur les Docks" diffuse sur France Culture le témoignage de l'un d'entre eux.

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souvenirs 1903 TDF

1947 Vietto et Lazarides

En 1934, la France découvre le jeune et taciturne René Vietto qui n'hésite pas - alors qu'il court son tout premier Tour de France - à s'arrêter et donner sa roue de vélo à Antonin Magne, le leader de son équipe qui avait une roue endommagée. Un geste que les Chevaliers de la Table Ronde ou les Mousquetaires de Dumas n'auraient pas renié.13 ans plus tard, en 1947, alors qu'il est lui même leader de l'équipe de France, sa force de caractère trouve d'autres modes d'expression.Apo Lazaridès, qui courait cette année là pour l'équipe du soud-Ouest, se souvient...

### 1949 Line Renaud En 1947, l'année de la reprise du Tour de France, Line Renaud, jeune inconnue de 19 ans, chante "Ma cabane au Canada". Succès immédiat. La France entière chante "_c'est le seul bonheur pour moi, la vie libre qui me plait_ "... une ode à la vie qui reprend après la Guerre.Tout le monde connaît la voix de Line Renaud mais personne ne connaît son visage. Comment la présenter rapidement au plus grand nombre ? En 1949, Loulou Gasté qui n'est encore que le producteur de Line, pense au Tour de France.47 ans après, Line Renaud raconte... ### 1978 Georges Perec En 1978, Georges Perec publie "Je me souviens". Un recueil de bribes de souvenirs.Ou plus exactement "_des petits morceaux du quotidien, des choses que, telle ou telle année, tous les gens d'un même âge ont vues, ont vécues, ont partagées, et qui ensuite ont disparu, ont été oubliées. (...) Il arrive pourtant qu'elles reviennent, quelques années plus tard, intactes et minuscules_ ."Parmi les 480 souvenirs de Perec (des années 1946 à 1961), on trouve - évidemment - des images et personnages du Tour de France. > Je me souviens de Ronconi, de Brambilla et de Jésus Moujica; et de Zaaf, l'éternel "lanterne rouge".(...)Je me souviens de Walkowiak.(...)Je me souviens que les coureurs cyclistes avaient une chambre à air de secours roulée en huit autour de leurs épaules. A l'occasion de la réédition de "Je me souviens", franceinter.fr vous propose de [vous souvenir aussi du Tour de France (et du reste) depuis 1990.](http://www.franceinter.fr/depeche-tu-te-souviens-sur-twitter) ### Nucera > _(...) des songes heureux embellissaient mes nuits. Un vélo Hélyett m’attendait à la porte. Je l’enfourchai pour de longues randonnées ou plus exactement pour de sévères séances d’entraînement. En roulant, je mangeais des gâteaux de riz préparés par ma mère, grignotais des morceaux de sucre, buvais du thé léger. Je ne m’octroyais nulle pause. Je suivais les conseils du directeur de l’équipe Hélyett, André Trialoux. Je gravissais des côtes, surpassait la performance réussie la fois précédente. Je perfectionnais « la vitesse de jambe », la souplesse, en actionnant de petits développements. Je restais de longues heures en selle._ En 1934, à 6 ans, juché sur les épaule de son oncle, Louis Nucera découvre le Tour de France en général et le coureur cycliste Vietto en particulier.Le début d'une fascination qui imprègnera durablement ses rêves mais également son oeuvre : "Le Roi René", vibrant hommage à René Vietto, publié pour la première fois en 1976. Et "Mes rayons de soleil" publiés en 1987 et dont nous vous parlions [récemment](http://www.franceinter.fr/blog-100-jours-100-tours-le-tour-des-celebrites).Des souvenirs à lire et à écouter :
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les souvenirs de nucera

### 2007 Philippe Delerm Depuis 1997, le nom de Philippe Delerm est irrémédiablement associé à ces plaisirs minuscules que sont la première gorgée de bière, marcher sur le bord d'un trottoir, écosser des petits pois, l'odeur d'une pomme...Il évoquera le plaisir majuscule de la Grande Boucle en 2007 avec la publication d'un livre entier consacré aux bonheurs majuscules (et subjectifs) du Tour. > _Le passage du Tour se nourissait de cette double attente : attente de la caravane, précédée déjà par le violent vrombissement de quelques motards surexcités, de quelques voitures officielles pressées de suivre on ne sait quel destin, rejetant au bord du talus la piétaille docile ; attente ensuite du peloton lui-même, forcément décevante si l'on s'en fût tenu à des critères objectifs, mais en fait jamais déçue, car la moindre cristallisation d'une très longue attente crée de l'amour, ce n'est pas Stendhal qui me démentira._ extrait de "Au bonheur du Tour" (éd. Prolongations, 2007)
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