Interrogé par France Inter, le directeur général de la Santé s'inquiète de voir encore trop de personnes ne pas respecter les consignes de confinement ces derniers jours. Il rappelle que tout le monde peut véhiculer le coronavirus sans le savoir.

Jérôme Salomon (centre) et le ministre de la Santé Olivier Véran (à gauche) le 18 février 2020
Jérôme Salomon (centre) et le ministre de la Santé Olivier Véran (à gauche) le 18 février 2020 © AFP / Ludovic Marin

Pour Jérôme Salomon, imposer le confinement des Français de manière plus coercitive, comme c'est le cas depuis midi ce mardi sous peine d'amende, est nécessaire pour provoquer un électrochoc dans leur esprit. "Les Françaises et les Français doivent comprendre quelque chose que nous n'avons peut-être pas suffisamment expliqué : nous pouvons tous véhiculer le virus sans le savoir", rappelle-t-il. "Nos proches, nos enfants, nos amis, nos collègues, peuvent être porteurs (du coronavirus) parce qu'ils vont être malades dans les prochaines heures, ou qu'ils ont des petits symptômes qu'ils ne signalent même pas : mal à la gorge, mal à la tête... Ils ne font pas attention, et donc ils sont transmetteurs de ce virus."

Car cette prise de conscience est encore trop lente à venir. Outre les rassemblements festifs que l'on a pu voir ce week-end, ou l'afflux massif de voyageurs dans les gares, le directeur général de la Santé s'inquiète de comportements à risque au quotidien : "On voit encore que les gens se réunissent, en grand nombre, qu'ils rassemblent les enfants et les aînés... Il y a encore beaucoup de personnes âgées ou fragiles qui ne respectent pas la consignes de confinement." Des personnes pourtant particulièrement exposées, qui ne prennent parfois pas en compte leurs symptômes. Or "avec quelques symptômes il vaut mieux rester confiné pendant plusieurs jours pour protéger ses proches et protéger son entourage. Cette faible adhésion fait qu'on n'arrive pas à freiner la cinétique de l'épidémie."

Confinement obligatoire, en plus des règles de distanciation sociale

La solution tient en effet en deux mots : "distanciation sociale". "Nous pouvons tous faire barrière contre cette épidémie, en respectant ces consignes", comme le fait de respecter une distance d'un mètre, mais aussi de "diminuer massivement ses contacts". "Et quand je dis massivement, ça veut dire passer de 50 à 100 personnes que l'on voit tous les jours à quelques unités. Et là encore, ce message n'est pas passé."

Ce mardi, faute de constater une application suffisante de ces règles, on passe désormais au confinement obligatoire, à quelques exceptions près (déplacements indispensables pour une activité qui ne peut pas être organisée sous forme de télétravail, courses alimentaires ou en pharmacie, motifs de santé... toutes les raisons sont détaillées dans notre article). Et si vous ne pouvez pas prouver que votre déplacement était effectivement nécessaire, vous risquez 38 euros d'amende, et sans doute jusqu'à 135 euros dans les prochains jours.

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