Une personne sur trois aurait déjà été victime de discriminations, préjugés ou stéréotypes en rapport avec son âge. Pour la première fois, l'Organisation des Nations Unies publie un rapport sur le sujet. Et le coronavirus n'a pas aidé, depuis un an, à réduire "l'âgisme".

Les États sont encouragés à lutter contre les discriminations par l'âge en utilisant le levier législatif. Et à proposer, aussi, des outils éducatifs.
Les États sont encouragés à lutter contre les discriminations par l'âge en utilisant le levier législatif. Et à proposer, aussi, des outils éducatifs. © AFP / MONTY RAKUSEN / CULTURA CREATIVE

Être "vieux", comprenez "âgé de plus de 50 ans", c’est être, au travail, potentiellement "déprimé, incompétent, rigide, avec une motivation en berne". Les jeunes eux, sont souvent perçus comme "narcissiques, déloyaux et paresseux". Voilà pour les aspects négatifs. Mais il existe aussi des clichés dans l'autre sens : les jeunes étant tour à tour considérés comme "énergiques, technophiles et travailleurs" quand leurs aînés héritent d'autres qualités : la fiabilité par exemple, ou la capacité à mener une équipe.

Pour la première fois, l'ONU s'attaque à la question de l'"âgisme". Et d'après son rapport, long de plus de 200 pages, une personne sur trois estime avoir été déjà discriminée ou victime de préjugés à cause de son âge. Bien sûr, la Covid-19 n'a rien arrangé, au contraire. 

La Covid-19, facteur aggravant de l'âgisme

L'étude relève que depuis un an, les personnes âgées sont souvent vues comme systématiquement fragiles et vulnérables. Les jeunes, eux, se croiraient invincibles. Jeunes imprudents. Jeunes irresponsables. Ce sont eux, d'ailleurs, qui se disent le plus victimes d'âgisme.

Les agences de l’ONU à l'origine de ce rapport confessent qu’il n’a pas été simple de travailler sur ce sujet, que les données sont difficiles à récupérer... Il y a beaucoup d’impalpable, de ressenti dans tout cela. Mais des situations très concrètes existent aussi.

Des mesures de confinement qui ont visé seulement les plus âgés par exemple, au Royaume-Uni (pour les plus de 70 ans), en Bosnie, en Serbie ou en Colombie. L’accès au métro temporairement interdit aux anciens aux Philippines. Aux Émirats arabes unis, aller faire ses courses au supermarché n'a plus été possible, durant un temps, au-delà de 60 ans. Et puis il y a, hors coronavirus, ces nombreux cas de discrimination à l'embauche.

Des dizaines de milliards de dollars perdus chaque année

Dans son rapport, l'ONU estime que l'âgisme coûterait plusieurs dizaines de milliards de dollars chaque année. Parmi les causes, l'impossibilité de trouver un travail, l'argent dépensé en soins (santé physique et mentale impactées).

Les États sont donc encouragés à lutter contre ce phénomène en utilisant le levier législatif. Et à proposer, aussi, des outils éducatifs. Pourquoi pas des jeux de rôles, des simulateurs, de la réalité virtuelle pour nous permettre de nous glisser quelques instants dans la peau de plus neuf, ou de plus ancien que nous.