Alors que le congé paternité allongé entre en vigueur à partir de ce 1er juillet, qu'en pensent les jeunes parents ?

Ce 1er juillet, la durée du congé paternité est doublée.
Ce 1er juillet, la durée du congé paternité est doublée. © AFP / Hans Lucas / Camille Cier

Ce premier juillet, la durée du congé pour le père (ou le second parent) d'un enfant à naître (ou adopté) double, de 14 à 28 jours, dont sept obligatoires. Les trois jours du congé de naissance restent à la charge de l'employeur, les 25 jours restants sont indemnisés par la Sécurité sociale. Les naissances multiples (jumeaux, triplés...) donnent toujours droit à sept jours supplémentaires. Une mesure dont le coût est estimé à 260 millions d'euros en 2021, puis 520 millions en année pleine.  

Un congé essentiel pour Marion, dont le fils Côme est né en Italie, il y a un peu plus d'un an, en pleine épidémie de coronavirus. Situation particulière : le père, 100% en télétravail, n'a pas pris de jours tout de suite. "Et donc tu n'étais pas à 100% avec le bébé et avec moi", lance-t-elle à son compagnon Éric. "Tu avais tes trucs, tes réunions à gérer."

"C'est frustrant, surtout quand on essaie d'être dans une parentalité égalitaire" 

Même situation pour Lucie, maman de Zélie, née en mars dernier. "Malheureusement, le congé paternité n'avait pas encore été allongé", regrette-t-elle. "Mon compagnon [qui est 'paysan-boulanger', NDLR] a pris son congé de 11 jours. Mais le temps d'être à la maternité et de rentrer, il faut déjà reprendre le travail, donc c'est extrêmement frustrant, surtout quand on essaye d'être dans une parentalité égalitaire", poursuit Lucie. 

Si elle salue l'avancée de l'allongement du congé paternité, elle est toutefois favorable à une égalité parfaite sur ce point : "Il y a encore un vrai combat à mener pour que ce congé soit le même pour l'homme et pour la femme. Si on veut arriver à avoir un système égalitaire, il faut absolument qu'on aille vers ça, trois mois pour les deux. À la fois, pour pouvoir se reposer, c'est essentiel. Mais ensuite, pour que l'enfant puisse partager les mêmes choses avec les deux parents. Et aussi pour qu'il puisse y avoir un partage des tâches."

"Fondamental"

"À mon avis, cette idée s'est développée sur deux choses qui sont que l'enfant est de plus en plus unique et la richesse de nos sociétés permet ça", estime pour sa part le docteur Emmanuel Peigné, gynécologue-obstétricien depuis 33 ans, installé dans le Rhône. "Les enfants sont aussi beaucoup plus assumés en couple que uniquement par la mère ; le père a une place plus importante. L'intérêt que j'y vois, c'est de permettre aux pères qui le souhaitent de plus s'investir dans l'accueil de l'enfant", ajoute-t-il, soulignant l'importance “du soutien de la mère par son conjoint"

Selon ce professionnel, si la médecine a fait beaucoup de progrès dans la gestion des grossesses, "le problème de l'accueil de l'enfant est désormais pour nous devenu majeur". Ainsi, "tout ce qui peut favoriser l'accueil et la paix de l'arrivée de l'enfant est fondamental"