Le 31 décembre, c’est une émission en direct et aussi des podcasts et des surprises. Dans cette pochette radiophonique, on a quelques cotillons un peu illicites ! Ce sont ceux de Johann Zarca, l'auteur de "Paname Underground", qui nous fait le récit sa dépendance puis de sa récente abstinence aux drogues.

Johann Zarca
Johann Zarca © Getty
18 min

Johann Zarca : "La dépendance est une magouille avec les émotions"

Par France inter

C'est une vie de défonce et de dépendance qu'a jusqu'ici vécu Johann Zarca, auteur de Paname Underground, récompensé en 2017 par le Prix de Flore. Les drogues innervent ainsi son univers et son œuvre littéraire, au point d'avoir accepté de nous en faire le récit pour cette soirée exceptionnelle du Réveillon de la Saint-Sylvestre. Des réveillons qui étaient l'occasion pour lui de véritables orgies et sur lesquels depuis plus de quatorze mois souffle la poudre de l'abstinence.

Du speed pour tenir

12 ans. Quelques verres de parents, d'oncles et de tantes descendus lors d'une soirée. Le début de l'ivresse et de la dépendance. Ca plaît, ça enivre, ça s'immisce dans le quotidien.

Ma mère me donnait de la thune pour acheter des sandwichs, et avec ça j'achetais du shit.

Johann l'avoue dans les premières minutes : il n'avait pas la "drogue festive" mais davantage solitaire, qui l'extirpait du monde par l'absorption de cinq à six produits différents.

J'ai l'obsession du produit, la modération c'est pas pour moi.

Tout devient alors prétexte à la défonce : manger, dormir, sortir, faire la vaisselle. Jamais il n'est assez rassasié et le high devient de plus en plus dur à atteindre, après les premières expériences.

On dit la dépendance, c'est une maladie continuelle et progressive.

Se prendre des claques pour le déclic

En 2019, il fait deux séjours à l'hôpital : une période qui participe au déclic final qu'il a sans cesse repoussé pour arrêter les drogues. 

Les relations sociales se sont alors dégradées : mythos, instabilité affective, accroissement des obsessions, il le sait et l'évoque 

Je vois bien, les gens qui arrêtent de consommer, ils ont pas envie, c'est parce que t'as pas le choix.

Johann Zarca tente de ce fait plusieurs méthodes, à commencer par la thérapie de groupe qui permet de s'identifier à d'autres parcours, et par subvertir sa quête d'endorphine par celle de sérotonine.

Il entreprend six mois plus tard des activités sportives, qui se muent rapidement en nouvelle obsession :

Je peux tout transformer en consommation.

Et au cours des mois d'abstinence, il découvre sa personnalité véritable et ses émotions, celles-là mêmes qu'il peine parfois à maîtriser. 

Je vois bien que je ne me connais toujours pas très bien.

Au final, le récit de Johann Zarca expose les variations de l'identité au gré des périodes et des décisions.

  • Écouter et réécouter sur cette page l'interview intégrale de Johann Zarca au micro d'Élodie Font, réalisée par Clément Nouguier et préparée par Céline Dubois, dans le cadre de l'émission "Va, vis et 2021" pour célébrer le Réveillon du Nouvel An.

Références

  • (Avec Romain Terneaux) Success Story, éditions Goutte d'or (2019).
  • Paname Underground, éditions Goutte d'or (2017, prix de Flore).
  • P'tit monstre, Tengo (2017).
  • Phi Prob, Don Quichotte (2015).
  • Le Boss de Boulogne, Don Quichotte (2014).

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