Pour évoquer la journée du 8-Mars, consacrée à la défense des droits des femmes, le quotidien Libération a choisi de publier la lettre d'un jeune homme qui se dit lui-même violeur. Ce texte, que le journal dit avoir "contextualisé" et publié avec le consentement de chacune des parties, fait pourtant largement réagir.

La "Une" de Libération fait polémique, ce lundi 8 mars 2021.
La "Une" de Libération fait polémique, ce lundi 8 mars 2021. © Libération

C'est une "Une" qui fait débat. À l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, le journal Libération a décidé de publier la lettre de l'agresseur d'Alma, jeune fille "à l'origine de la libération de la parole à SciencesPo Bordeaux". Le texte est annoncé en une par le dessin d'une femme aux prises avec un homme et cette lettre du "violeur", tel qu'il se définit lui-même, est publiée dans son intégralité. Le jeune homme de 20 ans revient sur cette agression perpétrée en 2019. Cette lettre, Alma l'a reçu des mains d'une infirmière, il y a deux semaines, car elle est toujours hospitalisée pour dépression dans un clinique psychiatrique depuis le mois de décembre, à la suite de la déflagration provoquée chez elle par ce viol. 

"Indécent"

Malgré les précautions prises par le quotidien et l'approbation des deux parties pour la diffusion de cette lettre, plusieurs responsables féministes ont vivement réagi, comme la militante Caroline de Haas, qui dénonce "l'indécence" et le "mépris" de ce papier : 

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Face à la déferlante de commentaires, Libération a choisi d'expliquer les coulisses de la publication de cet article : "La force intellectuelle, la fougue de ce texte peuvent aussi susciter le rejet et jouer en sa défaveur. Mais c’est un fait : il apporte du matériau humain à une question douloureuse, complexe et taboue."

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Pour autant, le journal reconnait aussi qu'"il ne faut pas que la parole de l’agresseur invisibilise celle de sa victime". Et rappelle que le fait que ce dernier ait écrit cette lettre, "le fait qu’il reconnaisse le viol l’a soulagée, apaisée, lui a permis de mettre des mots sur son mal-être". 

Libération rappelle aussi qu'Alma "donne son consentement pour que le texte de son agresseur soit publié". "L’article qui contextualisera et racontera leur histoire partira de son point de vue à elle, pas de celui de Samuel." Ce n'est pourtant pas ce que perçoit une partie des lecteurs ce lundi matin, et qui l'expriment ainsi sur les réseaux sociaux :

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