Sur les réseaux sociaux cette semaine et dans les notes des services de renseignements, les journées du patrimoine sont en tête des préoccupations. L’événement a visiblement donné des idées d'actions de désobéissance civile et surtout d'opérations beaucoup plus violentes.

Les CRS seront mobilisés en nombre dans la capitale pour ce week-end des Journées du patrimoine.
Les CRS seront mobilisés en nombre dans la capitale pour ce week-end des Journées du patrimoine. © AFP / Xose Bouzas/Hans Lucas

Ce week-end des Journées du patrimoine sera-t-il marqué par un retour des violences à Paris ? Il coïncide avec une marche pour le climat, une manifestation contre la réforme des retraites et le 45e week-end de mobilisation des "gilets jaunes". D'ailleurs, sur les réseaux sociaux comme d’après les notes des services de renseignements, l’événement apparaît comme un point de rendez-vous pour d’éventuelles opérations de désobéissance civile ou d’autres bien plus agressives. La saisie, la semaine dernière à Nantes, de 19 cocktails "molotov", comme le relayait un article de France Bleu, a également fait monter la température au sein des états-majors de la police et de la gendarmerie nationale. 

Appels à des actions violentes

Cette pression est encore montée d'un cran avec un nombre inhabituel d'appels sur les réseaux sociaux à des actions violentes, des destructions à l'occasion des Journées du patrimoine dans la capitale. Depuis, le ministère de l'Intérieur a décidé de fermer un certain nombre de bâtiments sensibles au public à commencer par la préfecture de police et le ministère de l'Intérieur, place Beauvau, qui devait initialement ouvrir ses portes durant deux heures.

Siège de la présidence de la République, le palais de l'Élysée restera accessible mais uniquement pour des visiteurs qui auront montré patte blanche en s'inscrivant au préalable. Ils pourront donc franchir les différents barrages installés dans tout le quartier du bas des Champs-Élysées. Les périmètres de filtrage ont même été élargis par rapport aux week-ends les plus sensibles de ces derniers mois.

Éviter un “nouveau 16 mars”        

Je voudrais dire à celles et ceux qui appellent sur les réseaux à la destruction, à l'insurrection que nous serons là”, a lancé vendredi Didier Lallement, préfet de police de Paris lors d'un point avec la presse, près de l'Arc de Triomphe, dans lequel il a présenté un dispositif "identique à celui du 1er-Mai".  

Les hauts responsables du ministère de la préfecture de police espèrent en effet éviter un bis repetita du 16 mars 2019 lors duquel s’était déroulé le saccage et l'incendie de la célèbre brasserie du Fouquet’s sur l’avenue des Champs-Elysées mais également l'attaque de plusieurs “symboles du capitalisme”, banques ou bijouteries dans certains quartiers chics.  

"Le préfet de police de Paris a quasiment tous les moyens qu’il avait réclamé”

C'est pour tenter d'éviter ce genre de scénario que le préfet de police de Paris avait demandé des importants moyens en unités CRS ou gendarmes mobiles. Des moyens obtenus en très grande partie : "Nous avons donné quasiment tous les moyens réclamés” assure à France Inter une source proche du ministre de l'Intérieur. 

Au total, 64 compagnies républicaines de sécurité et escadrons de gendarmes mobiles seront mobilisés, auxquels s'ajouteront les Bravs, brigades de répression de l'action violente de la sûreté parisienne qui pourraient cette fois être mises à contribution aux quatre coins de la capitale. Au total, ce sont près de 6 900 membres des forces de l'ordre et 600 pompiers qui seront sur le pont, sur la seule capitale. 

La crainte de petits groupes violents

"Le scénario redouté à Paris est celui de petits groupes éclatés de quatre, cinq activistes de l'ultragauche, très entrainés, et/ou de gilets jaunes parmi les plus radicaux qui décident de frapper dans toutes sortes de bâtiments ouverts au public avant de se regrouper au sein des manifestations pour le climat ou de retraités", s’inquiète une source proche des services de renseignement de la préfecture de police de Paris. 

Les syndicats de police se disent quant à eux extrêmement vigilants sur l'autonomie réelle qui sera laissée ce samedi aux commandants des unités mobiles et aux décisions qui seront prise par le ministre de l'Intérieur et le préfet. Ils surveilleront aussi la situation à Toulouse ou Montpellier par exemple, si les actions violentes contre les forces de l'ordre devaient encore franchir un cap.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.