Selon l'association Droit Au Logement, de plus en plus de personnes âgées sont expulsées de leurs logements notamment en juillet.

Jacques Gary vit dans la peur de l'expulsion à Paris.
Jacques Gary vit dans la peur de l'expulsion à Paris. © Radio France / Edouard Marguier

C'est un ressenti qu'elle chiffre. La DAL, l'association du Droit Au Logement, constate de plus en plus d'expulsions de personnes âgées, en particulier au mois de juillet. Réputé comme le pire mois de la saison des expulsions locatives qui s'étend d'avril à octobre. Dernièrement, l'association a notamment rencontré une dame de 85 ans, forcée de quitter son logement.

14.363 expulsions en 2015

Le nombre d'expulsions augmente de plusieurs centaines chaque année. Le constat est le même que ce soit pour la DAL ou pour la Fondation Abbé Pierre. Les expulsions effectives avec le concours de la force publique sont passées de 11.604 en 2014, à 14.363 en 2015. Soit une augmentation de 24 % en un an. Du jamais vu, selon elles. Mais seule l'association du Droit Au Logement pointe en particulier la situation des personnes âgées.

On est un peu comme dans le couloir de la mort

Jacques Gary a 65 ans. Dans son deux pièces du 14e arrondissement de Paris, le jeune retraité vit dans la peur de l'expulsion. Le scénariste qui a finit sa carrière au RSA, n'arrive plus à payer les 700 euros par mois de loyer. "On est un peu comme dans le couloir de la mort. Il y a des phases d'angoisse le matin, parce qu'on a cet imaginaire des huissiers déboulant à 6 heures. Bon, j'ai appris par la suite qu'ils peuvent débouler à n'importe quelle heure, même à 10 heures du soir".

Cela fait un an que Jacques Gary est menacé d'expulsions. Une situation qui le ronge. Visage fermé, fatigué, il fume cigarette sur cigarette et se raccroche à la fameuse loi Dalo de 2007. "On vit sur un espoir, c'est que cette loi soit respectée. Si elle l'est, normalement je suis protégé, je ne devrais pas du tout m'en faire. Mais rien, je n'ai aucune nouvelle" raconte le retraité.

Que dit la loi Dalo ?

Dans le cas de Jacques Gary, la loi Dalo prévoit qu'une personne menacée d'expulsion sans possibilité de relogement, qui a fait de "réelles démarches" pour trouver un autre domicile, peut déclencher une procédure amiable en préfecture. La commission prend ensuite une décision favorable ou défavorable. Dans le premier cas, elle a trois mois pour trouver un logement à la personne menacée, six dans les départements comptant une agglomération de plus de 300.000 habitants.

Le jeune retraité a fait toutes les démarches, la préfecture s'est prononcé en faveur d'un relogement, depuis il attend. Les six mois sont largement passés. Avec le "Papyboom", la DAL craint des dizaines de milliers de procédures d’expulsions supplémentaires dans les prochaines années. Reste pour Jacques, la peur de rejoindre d'autres retraités sur les trottoirs de la capitale. Une crainte qui ne le quitte jamais. Sur sa porte il a collé les autocollants du DAL "ils me rappellent mon combat quand je sors de chez moi".

Sur sa porte d'entrée, Jacques Gary affiche les autocollants de la DAL.
Sur sa porte d'entrée, Jacques Gary affiche les autocollants de la DAL. © Radio France / Edouard Marguier
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