L'Académie de Médecine se prononce pour que les femmes puissent conserver leurs ovocytes pour leur usage personnel et non plus uniquement pour autrui.

L'Académie de Médecine se prononce pour l'autoconservation d'ovocytes
L'Académie de Médecine se prononce pour l'autoconservation d'ovocytes © AFP / VEM / BSIP

L'Académie de médecine recommande, dans un rapport publié ce lundi, de permettre aux femmes qui le souhaitent de conserver leurs ovocytes pour pallier les éventuels problèmes de fertilité qu'elles pourraient rencontrer après 35 ans. Depuis la loi de bioéthique de 2011, le don d'ovocytes n'est possible en France que pour des femmes qui donnent de manière anonyme pour une autre femme, et non pour elles-mêmes.

Le don d'ovocytes n'est possible aujourd'hui que pour autrui et de manière anonyme
Le don d'ovocytes n'est possible aujourd'hui que pour autrui et de manière anonyme © Visactu / Visactu

L' avis de l'Académie de Médecine va donc à l'encontre des textes actuels et est d'autant plus important que le Comité consultatif national d'éthique doit rendre d'ici fin juinun avis très attendu sur la PMA (procréation médicalement assistée) sur lequel s'appuiera le gouvernement pour revoir la loi en vigueur.

Des raisons avant tout sociologiques

En France, les femmes ont des enfants de plus en plus tard (5% des accouchements concernent des mères d'au moins 40 ans, contre 1% en 1980), alors que la fertilité des femmes baisse à partir de 35 ans. Les Françaises qui veulent aujourd'hui conserver leurs ovocytes en prévision de grossesses futures vont le faire à l'étranger.

René Frydman, des années de militantisme

Le Professeur René Frydman, gynécologue et père scientifique d'Amandine, le premier bébé-éprouvette français, milite depuis plusieurs années pour la possibilité pour les femmes de congeler leurs ovocytes pour leur propre usage ultérieur :

Le médical rejoint le sociétal

René Frydman a même réuni plus de 130 médecins pour signer un manifeste publié dans le quotidien Le Monde, pour demander l’assouplissement des lois encadrant la reproduction assistée en France. Dans ce manifeste, ils regrettent que le système en vigueur dans notre pays ne permette pas de répondre à la demande (pas assez de donneuses) et de très nombreux couples se tournent alors vers l’étranger. "Nous regrettons que la totalité des mesures qui permettraient de développer le don d’ovocytes en France ne soient pas prises (possibilité d’une campagne d’information locale et non pas uniquement nationale par chaque centre, participation de tous les centres publics ou privés, dédommagement et prise en charge correcte des donneuses, création de personnel dédié à l’information sur des dons de gamètes…)".

L’incohérence de la situation est que la Sécurité sociale française rembourse, sous certaines conditions, une partie des frais engagés à l’étranger, même s’il y a une indemnisation de la donneuse (pratique qui n’est pas autorisée dans notre pays).

Nous souhaitons développer le don d’ovocytes en France dans un cadre de non-commercialisation des éléments du corps humain, ayant parfaitement conscience que les nombreuses propositions qui sont faites à l’étranger ont trop souvent un aspect mercantile auquel nos patientes n’ont d’autres choix que de s’y plier.

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