L'hôpital Paul Brousse de Villejuif lance un nouvel essai thérapeutique pour aider les accros aux jeux à se défaire de leur addiction, plus facile d'accès puisqu'elle peut se pratiquer directement à domicile. L'addiction au jeu, par définition "sans substance", est encore trop peu traitée en France.

L'addiction aux jeux d'argent est une vraie pathologie
L'addiction aux jeux d'argent est une vraie pathologie © AFP / JOEL SAGET

"Attention ces jeux peuvent entraîner une addiction" : ce message de prévention ne suffit pas à détourner des jeux d'argent, que ce soit les tickets à gratter, les grilles de loto, le tiercé, le casino etc. L'addiction au jeu est une vraie pathologie, même si c'est l'une des seules à être sans substance, contrairement à l'alcool ou la drogue.

Dettes, perte de travail , famille qui éclate : les conséquences néfastes d'une telle pathologie sont multiples. L'Observatoire des jeux dénombre 1,2 million de joueurs "problématiques" en France. La proportion de joueurs en ligne s'élève à 17% environ. 

La spirale du jeu

Evelyne a été élevée dans le jeu. Elle jouait le ticket de tiercé pour ses parents car à l'époque, les jeux n'étaient pas interdits aux moins de 18 ans :

C'est une pulsion. C'est très puissant : gratter, gratter, gratter et au fur et à mesure que je gratte, que je perds, je continue à jouer.

Evelyne a dépensé jusqu'à 300 à 400 euros par semaine avec sa carte bancaire. Elle a contracté plusieurs milliers d'euros de dettes.

Evelyne a décidé de suivre une thérapie de groupe pour s'en sortir mais très peu de dépendants aux jeux d'argent font la démarche d'aller dans une structure de soins.

Seuls 2% des joueurs pathologiques demandent une aide thérapeutique

Un nouvel essai thérapeutique démarre à l'hôpital Paul Brousse de Villejuif pour aider les joueurs pathologiques. Il est en effet très difficile à ces joueurs de se rendre dans un centre d'addictologie. D'où l'idée de lancer une intervention où les médecins vont vers les joueurs et non l'inverse. Il n'y a pas besoin de se déplacer. Les exercices sur son écran d'ordinateur sont ensuite complétés par des entretiens téléphoniques avec une neuropsychologue afin de mieux apprendre à se contrôler.

Pour participer, il suffit de contacter l'équipe via e-mail à l'adresse : train.online@aphp.fr

Le but est de retrouver le contrôle de son comportement y compris de sa pratique de jeu, précise le docteur Amandine Luquiens, à l'origine de l'essai. Ce sont des fonctions cérébrales, on va aider les patients à renforcer leur capacité à dire stop. 

Des questions sont posées au patient via son écran d'ordinateur. Par exemple, ils doit indiquer si la croix à l'écran se situe au dessus ou au dessous d'une ligne. Après quelques réponses données instinctivement à cette même question, il lui est demandé de retenir sa réponse et donc de ne pas cliquer machinalement.

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